RÉUNION AU CERCLE DE LA ROTONDE :
LE SAMEDI 27 NOVEMBRE 2004 à 17 HEURES.

au Théâtre Poème - Rue d'Écosse 30 - 1060 Bruxelles
(entre la Porte de Hal et l'Avenue Louise )
Tram : 91, 92, 93, 94, Arrêt Porte Louise
Métro : Hôtel des Monnaies

Invités : Colette Nys-Mazure & Lucien Noullez
Animatrice : M.-C. Roose

Deux écrivains à l’écriture intimiste cherchent le secret (voilé-dévoilé) du poème.

Colette Nys-Mazure

Colette Nys-Mazure Photo® Francis Jalain

Les livres de cette écrivaine tournaisienne ont largement dépassé les frontières de la francophonie. Traduits en plusieurs langues, ils se caractérisent par un souci constant de ne pas trahir son amour pour la poésie – transfiguration de la vie en ses blessures et joies, par des mots qui soulignent le quotidien autant que « l’extraordinaire ». La poésie est au cœur même de l’oeuvre de cette auteure, y compris dans ses nouvelles, contes, chroniques, essais ou autres textes. Elle insère ses poèmes - ou ceux des autres - jusque dans la pièce de théâtre qu’elle a écrite en collaboration avec Françoise Lison-Leroy, Tous locataires (1993). Même au long de sa carrière épanouie d’enseignante et de son « métier » de mère, elle s’est consacrée à l’écriture - activité qu’elle souhaite à présent développer et partager pleinement. Dans La chair du poème, publié cette année chez Albin Michel, elle présente un choix de réflexions autour de ses lectures et expériences, qu’elle offre comme une « Petite initiation à la vie poétique ». Articulée en trois parties, « Parler désarme », « Hommage au quotidien » et « La chair du poème », cette initiation dévoile l’unité qui les relie : lire, écrire, pour ne pas céder au vide, mais bien au contraire apprivoiser douleurs et excès, pour les dé-livrer dans une plus haute fraternité humaine. Lorsqu’elle dit que « la poésie allume ses feux dans la nuit », elle lui reconnaît ce chemin exigeant : Arpenter le langage en tous sens, refuser les images qui éblouiraient sans révéler, laisser sourdre la musique des profondeurs, chercher patiemment dans la forêt des mots ceux qui s’ajustent à l’expérience, rejoignent la vision. Poésie passerelle, poèmes enracinés (…) Oui ! L’écriture est une quête de longue haleine qui engage la personne tout entière. (p. 78) Comme dans Célébrer le quotidien ou Secrète présence, Colette Nys y confie des traces de sa propre vie, mais aussi ses approches ou vécus du monde, sans accepter pourtant de céder au « goût du malheur » qui s’y colle, ni à la furieuse commercialisation de tout. Aucun sujet, montre-t-elle, n’est insignifiant aux yeux du poète : elle cite, commente de nombreux poèmes qui élèvent ainsi le regard, de Baudelaire à Max Jacob, de René-Guy Cadou à François Cheng, de Charlotte Delbo à Andrée Chedid,… Ainsi désire-t-elle ardemment contribuer à « l’éveil poétique ».

Lucien Noullez

Lucien Noullez

Lui aussi prête son « ouïe fine » aux poèmes qui passent, depuis le « ballet » des mouches, le crépitement de l’ordinateur, jusqu’au « rugir » d’un Jean-Sébastien Bach… L’ouïe fine (PHI, 2001) exprimerait “ce qu’un alto murmure à l’épaule” : sons périlleusement tirés d’un apprentissage “sur le tard”, sons merveilleux d’une classe de musique, sons petits et grands captés au fil des jours, du concert avec Beethoven aux bruits de métro, à l’imperceptible murmure des choses :

Et, comme on est toujours un peu naïf
quand passent les loriots ou les
faisans, j’écoute l’œil ouvert, des
froissements d’herbe.

La joie écarte le brouillard des cordes.
Le soir est bienvenu.
J’écoute un peu plus lentement.

Plus sombre, plus émouvant aussi, Escarpe et contrescarpe (PHI, 2003) aborde le deuil, la perte et le doute. Il y a de la colère, des cris, des pleurs à peine retenus, qui glissent « dans des clapotis noirs ». Les métaphores sont à couper le souffle. La poésie, au plus près de l’individu souffrant, devient une prière cosmique :

Je tourne tout cela dans mes cheveux,
sous ma barbe qui remâche un excès de
vent,
dans mes poumons où poussent des crocs.
Les jours d’abord interminables ont
devancé
la fuite du crotale. En vérité, en vérité,
je ne vous parle pas encore et je suis
plus déshabillé que la rivière.

Chant métaphysique, le poème se découvre, par la langue de Lucien Noullez, jeu entre harmonies et dissonances : grave et léger, sensible et spirituel.

Bio-bibliographie
Extraits de Presse

Marie-Clotilde Roose

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Fax : 02/534.58.58

Générale : 5 euros.
Etudiants & Séniors : 3,75 euros.
Membres TP : gratuit.



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