RÉUNION AU CERCLE DE LA ROTONDE :
LE SAMEDI 19 FEVRIER 2005 à 17 HEURES.

au Théâtre Poème - Rue d'Écosse 30 - 1060 Bruxelles
(entre la Porte de Hal et l'Avenue Louise )
Tram : 91, 92, 93, 94, Arrêt Porte Louise
Métro : Hôtel des Monnaies

Invités : Frédérique Dolphijn & Anne Penders
Animatrice : M.-C. Roose

Les éditions Esperluète proposent deux livres attachants, à mi-chemin entre le narratif et la poésie, au plus près du réel.

Anne Penders

Penders Anne

Dimanche. Anne Penders ne hait pas le dimanche (comme les enfants de Trenet), mais elle profite de ce temps suspendu pour écrire, au long des mois, ses carnets de voyage à travers l’Asie. A chaque dimanche sa photo, le plus souvent floue, à peine suggérée, accompagnant un texte poétique, en courtes phrases, pour un précipité d’images, de sensations et d’idées mouvantes. Le je tutoie le tu, interpelle le on, évoque le nous, se souvient d’il ou elle. On ne sait pas vraiment qui est qui, mais chacun peut trouver sa place dans ce récit haletant, puisqu’ici est Ailleurs et ici n’est pas l’exil.
Ce que cherche à capter cette jeune artiste plurielle, photographe, écrivain, il semble que ce soit le passage et ce qu’il en résulte, entre ici et là-bas, je et l’Autre, entre ce qui disparaît et ce qui apparaît. « Ne pas gravir les sentiers des espérances en regardant derrière soi », écrit-elle, « Grandir. C’est choisir sa voie. Oui. Affirmer les voix. Comme on mettrait ses pieds dans des chaussures de soie de peur d’avoir froid. / La vie a d’autres bras que ceux du fleuve. Passer de chaque côté du vide sans regarder l’heure. Changer de pays comme de chemise. » (p. 48)
Plutôt qu’une fuite en avant, Anne Penders a fait du voyage sa montre biologique, son tempo ; toute sa créativité se base sur ces mouvements entre Bruxelles et « ailleurs ».
Sa vocation s’inscrit dans l’écriture et le visuel, à travers des essais comme En chemin, le Land Art, des romans tels Une solitude nomade et Les mains nues, des courts métrages dont 1995-1999 (New York-Paris-Venise), ou encore des installations sonores, A propos d’Ici ou No Home. Elle est invitée régulièrement à l’étranger, pour exposer ses œuvres ou donner des conférences, en tant que chercheuse.

Frédérique Dolphijn

Frédérique Dolphijn

Du jour au ciel. Ce beau récit est le premier d’une série de textes que Frédérique Dolphijn est occupée d’écrire, que ce soit dans le style romanesque ou le théâtre. Comédienne, elle a joué et joue dans nombre de films et de pièces de théâtre.
Scénariste et metteur en scène, elle a réalisé de nombreux courts métrages comme L’air du temps, Une belle journée (qui a récolté plusieurs prix dont l’Ours d’or en Autriche, 2002), Enfance ; un documentaire personnel Oscar de Crin, et de multiples adaptations théâtrales.
De l’autre côté du réel, côté fiction, c’est l’histoire de Gil - un petit garçon « né le cœur à l’envers » - et de ceux qui l’entourent, avec leurs gestes fins et amicaux. Un garçon qui parle peu, mais qui entend juste. Frédérique Dolphijn a trouvé les mots exacts pour décrire l’univers poétique de cet enfant, abandonné par sa mère, recueilli par l’aimable grand-père, et ami de Fanny, la fille aux pouces verts. Chacun y parle tour à tour, comme dans une pièce de théâtre, mais qui aurait perdu toute emphase, pour couler de source. Le plus souvent chacun murmure, à part soi, dans son for intérieur. Tout est muet et pourtant tout communie. « Le silence même relatif n’existe pas », pense Gil, « Au sein d’une de mes cachettes, enfouie au cœur des bois, au fond des taillis, là où l’on imagine la dormance des animaux : les vibrations de mon corps, l’ondulation des arbres, l’appel des écorces, les manifestations des mille et une vies aux rythmes si différents tissent des partitions pour moi seul. / Je pense que l’être humain a tout pour être heureux. Alors pourquoi ? Je ne sais pas encore. » (p. 48)
Des questions graves, l’enfant se les pose tout au long du récit, mais sans que cette gravité soit lourde : elle a les ailes de l’innocence et le regard lucide. Pourtant les événements le sont, eux, d’une terrible pesanteur. Alors, doucement, prenant son temps, Gil trouve le recours de l’être-qui-pense : « rester en mouvement, sans certitude avec la souplesse de la joie ». Du jour au ciel, il n’y a qu’un envol.

Marie-Clotilde Roose

Contact

P.A.F

Marie-Clotilde Roose
Courriel : rotonde@tiscali.be
Tél.: 069/23.68.93
ou
Théâtre-Poème
Tél.: 02/538.63.58
Fax : 02/534.58.58

Générale : 5 euros.
Etudiants & Séniors : 3,75 euros.
Membres TP : gratuit.



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Tarif pour 11 numéros par an: 15 euros, renseignements :

Site web : www.theatrepoeme.be
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