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REUNION AU CERCLE DE LA ROTONDE :
LE SAMEDI 31 MAI 2008 A 17H

Invités : Corinne Hoex & Anne Penders
Animatrice : Marie-Clotilde Roose



Où il est question d’intimité et de mots-phares, à travers des voyages en prose.


Corinne Hoex


Corinne Hoex. Auteure remarquée du récit Le grand menu (Ed. de l’Olivier) et de l’émouvant recueil Cendres (Ed. Esperluète), cette historienne de l’art et documentaliste livre, avec un talent d’orfèvre, son dernier roman paru chez Les Impressions nouvelles, Ma robe n’est pas froissée.  En trois actes, se déroule la tragédie d’une oppression familiale et de ses conséquences, infiniment roulées et déroulées comme les vagues de la mer, si présente dans les lieux évoqués, ou les rêves racontés.  « Au début, toujours, elle est magnifique, d’un bleu insoutenable.  Mais, aussitôt que je m’y enfonce, elle devient glauque, hostile.  Son étreinte m’engloutit.  Son baiser me broie.  Un monstre ruisselant déchaîne ses rafales, se dresse devant moi, me submerge, m’écrase. »  Ce monstre pourrait être le Minotaure, qui dévore la vierge livrée à sa voracité.  Mais dans le récit de Corinne Hoex, le monstre a trois têtes : père, mère, fiancé.  Trois personnalités qui ne cherchent pas à aimer mais à posséder, pas à élever mais à dominer.  Le père : «  A l’adolescence, la peur de toi m’a tenu lieu de raison d’être.  Pas de surprise-party, de dancing, de sortie. (…)  Aucun flirt.  Je suis restée ‘la fille de mon père’ ».  La mère : « Ainsi, dès mon plus jeune âge, elle le décide : je serai celle qui versera les larmes de trois générations de femmes aux yeux secs. »  Le fiancé : « Ses questions me harcèlent.  Inflexibles.  Nerveuses.  Il veut des mots.  Je ne sais pas quels mots.  (…)  Il se dresse par-dessus moi.  Hurle à mon visage. »  La tragédie est toute rivée à l’inextinguible soif de tendresse de la narratrice, qui se soumet plutôt qu’elle ne se révolte, cherchant en vain, dans ce qui lui arrive, un début de relation libératrice.  Mais aucun regard reconnaissant ne vient en retour de sa docilité.  La mère l’évite, le père la contrôle.  Comme un animal domestique, « il est impératif qu’elle soit tenue et que son maître, jalousement, veille sur elle ».  Les mots sont implacables, les phrases sans issue.  Le piège se referme sur l’enfant, comme lors de cette cruelle scène d’arrachage des dents... de lait.  Et devenue femme, c’est son corps même qui devient la proie de la dérision, cauchemar plutôt que conte de fée : « Je suis la petite sirène qui, par amour, accepte qu’une épée tranche ses jambes neuves jusqu’à la jointure des cuisses.  Mais je n’ai pas de prince. »  Un roman tel un poignard, admirablement affûté.




Anne Penders


Anne Penders. Artiste plurielle, docteur en histoire de l’art, romancière et photographe, cette grande voyageuse se consacre essentiellement à l’écriture et à la création audio-visuelle.  Après Dimanche, l’auteure a publié chez le même éditeur, Esperluète, Le lundi d’après, récit d’un périple en Chine, tant physique qu’intérieur, entre prose et poésie, accompagné par ses photographies noir et blanc.  Ces vers épurés, ces découpes d’instants, comme surgis de carnets intimes, proposent des méditations tantôt anodines, tantôt songeuses et graves : Reculer. / Les lundis auront des ailes. / Il faudra bien les peigner.  Soigner ses / plumes.  Se frotter aux roches arides et rudes.  Ne même plus souffrir.//  On voudrait pouvoir mourir / aussi simplement.  Anne Penders pratique l’art de l’ellipse avec maestria, préférant, à l’instar des Asiatiques qu’elle côtoie, la suggestion plutôt que le déploiement.  Ni le temps ni les jours./  Ni les heures ni l’après./  Revenir sur ses pas.  Boucler des boucles./  Marcher sur les cendres./  Et boire le thé, tout doucement – lenteur/ des jours cléments.  C’est ici et encore qu’il est question de temps, circulaire, revenant sans cesse au point d’où il s’échappe, d’où il repart, inquiet ou serein, selon les heures, les jours…  Au soleil du balcon/ les lundis se perdent pour de bon/ pépient dans la cour comme un oiseau sans/ cage.  Bonheur des instants cueillis,/ en bouquet – les lundis se taisent,/ à défaut d’avoir tout dit.

  • Marie-Clotilde Roose


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