Rencontre du Cercle de la Rotonde, le dimanche 18 octobre 2020 de 17h à 18h30 : à la Maison des Associations de Tournai, 25 rue de la Wallonie, 7500 Tournai

Carole André & Philippe Cantraine

dans le cadre de La Fureur de Lire 2020

sur le thème « Lectures et territoires »

Animation : Marie-Clotilde Roose

Un bout de route avec les auteurs, centré sur leurs premiers romans,
traversant l’Histoire et les histoires, du Tournaisis à l’Europe.

Carole André

Carole André

Forte d’une longue expérience d’enseignement du français à divers degrés, à Tournai sa ville de prédilection, Carole André a publié en 2019 aux éditions Audace un ouvrage important (372 pages) pour célébrer les 140 ans de l’Ecole normale, Rue des Carmes, abondamment documenté et illustré. Si l’auteure a consulté de nombreuses sources, recueilli de précieux témoignages directs et indirects, il s’agit néanmoins d’un roman, librement inspiré des faits, anecdotes et récits consignés – s’inscrivant dans un contexte historique. On y trouve ainsi maints épisodes poignants, comme des accidents, des grèves durement réprimées, la mort de personnalités, l’exécution du pédagogue Francisco Ferrer (1909), mais aussi des moments euphoriques, comme le ballon de Jean-Baptiste Glorieux, parmi bien d’autres. Les personnages incarnent des élèves ou institutrices que Carole André n’a pas (toujours) pu connaître, mais grâce à des registres, lettres, coupures de journaux et autres archives, elle leur prête une voix, une vie, un visage. On sent que la plupart de ces jeunes filles – dont quelques photos émaillent le livre – ont dû affirmer leur personnalité en dépit des carcans de l’époque, qui ne tolérait guère l’émancipation féminine. L’histoire de l’Ecole normale s’inscrit en celle de Tournai et de la Belgique depuis 1879, dans la lutte des classes paysannes et ouvrières contre l’oppression des élites dominantes, dans le combat des esprits libres contre les dogmatismes – quels qu’ils soient – et contre les envahisseurs des deux guerres. Les femmes, qui refusent d’être cantonnées aux rôles de ménagère ou nourricière, ont pris part à ces luttes, bien que rarement écoutées : « je n’ai pas envie de dire à mes six classes d’histoire que les mêmes causes produisant les mêmes effets, il faut s’attendre à une nouvelle guerre », déclare Antoinette… Les bombardements, l’incendie de Tournai, la résistance sont relatés par le prisme du vécu des protagonistes, professeurs et élèves, souvent touchés ou impliqués. Chaque petit chapitre rend compte, de manière chronologique, du déroulement de la vie mouvementée de cette Ecole, tant par ses succès que ses privations, ses blessures et ses rebondissements, jusqu’à 2019. L’auteure permet ainsi de traverser des décennies de vies consacrées à l’éducation, pilier d’élévation des esprits et des corps. Il y a des conversations piquantes, des épisodes tristes ou drôles, des dénouements imprévus… de quoi passer de riches heures de lecture, et côtoyer toute une région avec son franc-parler – y compris en picard, langue que maîtrise Carole André (prix en 1999).

Philippe Cantraine

Philippe Cantraine

Philippe Cantraine, écrivain aux multiples publications, diplomate et fonctionnaire international, a choisi l’Europe pour y dévoiler la vie, au 19e s., d’un naturaliste voyageur, hissé par ses études du statut de modeste fils d’agriculteur hennuyer, à celui de professeur d’université, académicien puis homme politique dans la Belgique juste née. Son roman, Le Gouverneur des coquillages (Ed. Luce Wilquin, Prix Verdickt-Rijdams 2009) voit déambuler François Joseph Cantraine depuis la Région des Collines jusqu’au fin fond de l’Italie, agitée de soubresauts révolutionnaires, pour le compte des Pays-Bas, Guillaume Ier et ses chercheurs. Ici, le héros a réellement existé ; le cadre est minutieusement étudié, dans tous ses détails et son contexte, bien que les conversations soient issues de l’imaginaire, y compris dans une temporalité pour le moins originale, puisque le narrateur fait des sauts dans le temps, avec humour, interpellant le lecteur : « Il devenait toujours plus passionné de malacologie littorale, ce saint François au fusil mortel qui s’était libéré du pape, et il s’était converti avec soulagement au cabotage en mer, comme vous l’imaginez sans peine, vous qui avez partagé mes graves questions. » (p. 149) La passion des mollusques conduira le jeune biologiste, après quelques années de dur labeur « sur le terrain », à quitter Rome, Naples, Malte et la Sicile pour atterrir à l’université de Gand, après Paris et ses chefs de file. Observateur, prudent et peu bavard, l’homme se détourne aussi bien des drapeaux et des cocardes que des mitres et des crosses : « je me fortifiai par l’idée que rien n’excédait la peur et l’ignorance et que c’est ici qu’il me fallait porter le fer. » (p. 163) Son engagement, en quête de vérité objective, le portera vers la politique, une fois marié, père de famille, établi et reconnu, luttant contre de fausses promesses – autant des élites poussées par le régime que par un certain clergé réactionnaire – afin d’améliorer les lois en faveur du peuple, plongé dans la misère. « Les chapelles qui gardaient les carrefours, entendant réconforter le paysan, le retenaient d’agir. Le malheur était que tout n’était que douleur et pauvreté, endettement, crasse et indigence, et que la seule réponse qu’aient jamais suscitée ces maux ait été la résignation. » (p. 316) Dans une langue magistrale, précise comme le scalpel, libre et empathique, Philippe Cantraine a réussi le pari de faire revivre son homonyme, féru de sciences, épris de justice et d’égalité.

Marie-Clotilde Roose

Infos :

Réservation : obligatoire en raison des nouvelles mesures sanitaires.
L’accueil se fera à partir de 16h30 pour aider les personnes
à se placer en respectant les distances réglementaires.
Autres : gel + port du masque obligatoire pour le public (en vente sur place).
Entrée libre.
Avec l’aide du Ministère de la Communauté française de Belgique.

Des capsules festives / 30 ans / oblige !

Pas de fête sans décapsuler quelques bouteilles !

Pas d’écho sans des capsules audio-visuelles !

Qu’à cela ne tienne : nous lançons ce double défi – en 2020 une vidéo de plusieurs courtes capsules, et en 2021 le spectacle vivant sur scène à Tournai la Page – pour les 30 & 1 ans du Cercle de la Rotonde.

En dialogue avec Marie-Christine Degraeve et son Atelier de comédiens issus du Conservatoire, un montage sera réalisé par Stefan Thibeau, qui a lui-même l’expérience de la scène (La Roulotte théâtrale) et un sens aigu des textes littéraires.

L’œuvre sera donc originale : Marie-Christine Degraeve a découpé des extraits des textes des 30 & 1 auteurs ayant répondu à l’invitation  :

Gérard AdamGérard Adam – Ex-médecin militaire, il a participé à l’opération Kolwezi et à la Forpronu en Bosnie. Il a pratiqué et enseigné l’acupuncture. Il dirige les éditions M.E.O. Il a publié 17 livres dont L’Arbre Blanc dans la Forêt Noire, prix NCR, La Lumière de l’Archange, finaliste du prix Rossel, Le saint et l’autoroute, finaliste du prix du Parlement, De l’existence de dieu(x) dans le tram 56, prix Emma Martin. Il a été à deux reprises finaliste du prix RFI.

Marie-Noëlle Agniau photo par L BourdelasMarie-Noëlle Agniau – Née à Verdun en 1973. Poète, elle vit en Limousin et enseigne la philosophie. Elle a publié une trentaine de recueils et/ou livrets poétiques. Présente en anthologies, attachée aux revues, elle participe à de nombreuses lectures publiques et manifestations littéraires. Elle produit sur le réseau radiophonique RCF une chronique qui tente de penser la vie et d’en faire le récit. Photo: L Bourdelas

Carole AndréCarole André – Après des études de philologie romane à l’ULB, elle enseigne la langue française aux futurs instituteurs primaires de l’Ecole normale de Tournai. La littérature de jeunesse, la poésie et le théâtre, mais aussi la langue picarde sont au cœur de sa pédagogie. Elle a écrit un roman Rue des Carmes, qui évoque le quotidien des instituteurs dans le Tournaisis, de 1879 à 2019.

Martin BuysseMartin Buysse – Il enseigne la géométrie à l’UCLouvain. Ses romans, La logique du sang (Prix 2017 des marins-pêcheurs guadeloupéens) et Muzungu (finaliste du Prix Horizon du 2e roman 2020), parus aux éd. Zellige, s’enracinent tous deux dans un contexte politique sensible : la guerre israélo-palestinienne et le génocide au Rwanda. Sur la piste d’un homme emporté dans un conflit qu’il ne connaît pas et qui finit par le broyer.

Yves CaldorYves Caldor – Mon écriture « publiée » a débuté par une nouvelle, « Lettre de Cappadoce », éditée par le Cercle de la Rotonde en son Anthologie (éd. de l’Acanthe 1996). Suivront deux romans L’enfant de la Puszta (prix Alex Pasquier 1998) et Le train des enfants où j’exhume mon enfance hongroise (dont la révolution de 1956) puis française jusqu’à mon arrivée en Belgique, où je découvre la littérature fantastique et l’univers de Paul Delvaux. D’où une vingtaine de nouvelles dans la ligne du fantastique.

Philippe CantrainePhilippe Cantraine – Né en 1954, il a été délégué Wallonie-Bruxelles à Québec, Rome, Varsovie et Dakar, conseiller pour l’UNESCO, l’OCDE et l’UE. De 2008 à 2015, il est conseiller puis directeur de Cabinet à la Francophonie. La production littéraire de ce lecteur de français à Cologne, collaborateur scientifique en littérature comparée à Greiswald, aborde poésie et prose (romans, nouvelles, essais).

Daniel CharneuxDaniel Charneux – Il a publié neuf romans, des nouvelles, un essai consacré à Thomas More. Prix Charles Plisnier en 2007 pour Norma, roman. Puis Nuage et eau, histoire du moine bouddhiste Ryōkan, finaliste du prix Rossel 2008. Maman Jeanne entre dans la coll. Espace Nord. En 2018, Si près de l’aurore, consacré à Lady Jane Grey, reçoit le prix Gauchez-Philippot et le prix quinquennal Alex Pasquier. En 2020 sort À propos de Pre, Steve Prefontaine, légende américaine de la course à pied.

Thierry-Pierre ClémentThierry-Pierre Clément – Vit à Bruxelles, en lisière de ville et forêt. Il a publié une dizaine de livres, surtout de poésie, ainsi qu’en revues (essais, critiques, poèmes). Récemment parus : Ta seule fontaine est la mer, préface de P. Dhainaut (éd. À Bouche perdue – Maison internationale de la Poésie, 2013), prix Emma Martin ; Approche de l’aube, préface de J.-P. Lemaire (éd. Ad Solem, 2018), prix Aliénor.

Yves ColleyYves Colley – Il est né à Bourgeois, dans le Brabant-Wallon. Il a publié Le Nom dépossédé, aux éd. Les Eperonniers, et Liant aux éd. Argol. Après avoir enseigné le français dans le secondaire supérieur, il travaille depuis quelques années comme psychothérapeute.

Olivier CoyetteOlivier Coyette – Né à Bruxelles en 1975. Il a enseigné au Columbia College de Chicago, à l’UQAM de Montréal, à Sciences-Po Paris ainsi qu’au Cours Florent.  Professeur à l’Institut National des Arts de Kinshasa, il est membre du Conseil Supérieur de la Culture en FWB et Sociétaire de la SACD France.  En 2019 il reçoit la bourse de création de la Promotion des Lettres pour “Edens perdus”.

Frédérique DolphijnFrédérique Dolphijn – Née en 1962, j’ai enseigné le jeu d’acteur, la dramaturgie et la présence scénique. Ce travail m’a amenée à écrire et réaliser 3 courts-métrages. Puis le roman, la nouvelle, la poésie, l’écriture dramatique. Formatrice en ateliers d’Écritures-Lectures, j’aime (faire) penser et questionner la mise en mots écrits de ce que l’on porte en soi. Je co-dirige la collection Orbe chez Esperluète éditions.

Claude DonnayClaude Donnay – Animateur de la revue et des éditions Bleu d’Encre. Poète et romancier. Dernier titre paru en poésie : Le bourdonnement de la lumière entre les chardons, Le Coudrier, 2019. Romans parus aux éditions M.E.O. : La route des cendres, 2017, finaliste du prix Saga Café ; Un été immobile, 2018, Prix Mon’s Livre 2019 ; On ne coupe pas les ailes aux anges, 2020.

Pascal FeyaertsPascal Feyaerts – Vit dans le Hainaut où il exerce le métier de bibliothécaire. Membre de l’A.E.B., il a publié plusieurs recueils de poésie et un recueil de nouvelles, a paru dans l’anthologie La Nouvelle poésie française de Belgique (2009). En 2010 il finalise « Sur un nuage » un spectacle musical et poétique avec la violoniste et compositrice Marielle Vancamp. Il expose parfois ses dessins (surtout au fusain).

Michelle Fourez par F Lison-LeroyMichelle Fourez – Née en 1951, elle a étudié la philologie romane et la philologie hispanique, puis exerça comme professeur de lettres. Auteure de dix romans, depuis Les bons Soirs de juin (Alinéa, 1992) jusqu’à Elisabeth en hiver, (Luce Wilquin, 2018). Son écriture est dense et dépouillée. Voyageuse solitaire, elle vit près de la nature et se veut citoyenne du monde. Photo:  F Lison-Leroy

Rose-Marie FrançoisRose-Marie François – Poète, philologue, romancière, dramaturge, rhapsode. Auteure d’une quarantaine de livres publiés en Belgique et à l’étranger. Poèmes repris et traduits en revues et anthologies. Elle a enseigné aux universités de Liège (Belgique), de Lund (Suède), de Lettonie (à Riga, honoris causa). Formée au théâtre, elle compose et joue des seule-en-scène. Voir : www.rosemariefrancois.eu

John HenryJohn HENRY – Ecrivain, journaliste. Né plusieurs fois : à Namur, à Rome, à Chambéry, à Lisbonne. Son premier roman Quand les ânes de la colline sont devenus barbus, paru en 2015 aux éditions Diagonale est lauréat du festival du premier roman de Chambéry.

Françoise HoudartFrançoise Houdart – Poète et romancière belge. A enseigné l’allemand à la Haute Ecole Condorcet à Mons. Anime des rencontres littéraires. Une œuvre couronnée de nombreux prix dont le Gauchez Philippot, le Plisnier, une nomination au Rossel et le Prix de Littérature de la province de Hainaut. Ses romans ont paru aux Ed. Luce Wilquin, aujourd’hui disparues. Les Ed. Audace ont pris le relais pour son 20e roman, Niokobok, en soutien d’un projet humanitaire au Sénégal.

Jean JauniauxJean Jauniaux – Ecrivain et chroniqueur littéraire, a publié à ce jour 6 recueils de nouvelles et 2 romans, ainsi que de nombreuses contributions à des revues (il a été rédacteur en chef de la revue Marginales de 2009 à 2020). Président honoraire du Pen Club Belgique, il s’implique dans la défense du droit à la liberté d’expression. Sur son site, « L’ivresse des livres » des dizaines d’entretiens radio avec des acteurs du monde littéraire et culturel, à la disposition du public sur www.edmondmorrel.be

Philippe LeuckxPhilippe Leuckx – Né en 1955, il est l’auteur d’une cinquantaine de livres de poésie, et de nombreuses critiques littéraires (articles, essais). Citons : Rome rumeurs nomades, Piéton de Barcelone, L’imparfait nous mène, Poèmes du chagrin. Primé plusieurs fois (Prix Robert Goffin, Emma Martin, Plisnier).

Françoise Lison-LeroyFrançoise Lison-Leroy – Née au Pays des Collines, à Wodecq, entre une école rurale et un grand paysage. Elle est l’auteure d’une trentaine de recueils de poésie. De La mie de terre est bonne (Froissart, 1983) à Les blancs pains (Esperluète, 2019), qui vient d’obtenir le prix François Coppée de l’Académie française, elle tente de dire la même petite chose, neuve, essentielle, qui a toute sa ferveur.

Philippe MathyPhilippe MATHY – Rédacteur en chef du Journal des poètes (2015-2020). Publications récentes : Veilleur d’instants (L’Herbe qui tremble, 2017), Îles de la Gargaude, aquarelles d’Anne Le Maître (L’Atelier des Noyers, 2018), Battements crépusculaires, peintures d’André Ruelle (Tétras-Lyre, 2019), Étreintes mystérieuses, peintures de Sabine Lavaux-Michaëlis (L’Aïl des ours, 2020).

Emmanuelle MénardEmmanuelle Ménard – Franco-belge, Emmanuelle Ménard écrit en divers domaines dont la poésie, le récit, le théâtre et l’essai. Des mots pour tenter de suivre l’homme en marche, rêvé par le génial Giacometti. Elle a publié des romans dont Deux jours comme l’hiver (l’Harmattan, présenté par Erik Orsenna au prix Orange) ; de la poésie Impressions new-yorkaises (Le Coudrier) ; du théâtre, La tournée des chagrins (Alna éditeur) ; des Nouvelles (Lamiroy), etc.

Florence Noël par Rio Di MariaFlorence Noël – Belge née en 1973, formée en histoire, orientalisme, théologie. Outre ses activités profession-nelles, elle promeut la poésie francophone sur le web et en revue. Autrice de poésie et de nouvelles, elle collabore avec d’autres artistes. Quelques publications : Branche d’acacia brassée par le vent (Le chat polaire, 2020), Solombre, (Taillis Pré, Prix Delaby-Mourmaux, 2019), L’Etrangère (Bleu d’Encre, 2017). Photo: Rio Di Maria

Nysenholc AdolpheAdolphe Nysenholc – Romancier de Bubelè l’enfant à l’ombre (Espace Nord, Collection du patrimoine littéraire belge francophone), traduit en talien et en néerlandais. Ecrivain de théâtre avec La Passion du diable (Prix littéraire du Parlement de la Communauté française) et Mère de guerre (présenté dans 7 pays). Auteur d’essais, dont André Delvaux ou le réalisme magique et Charlie Chaplin. Le Rêve.

Colette Nyse-Masure par F Lison-LeroyColette Nys-Mazure – Longtemps professeure de Lettres, elle collabore à des journaux et magazines, publie de nombreux ensembles poétiques (Feux dans la nuit; Le Jour coude-à-coude), des nouvelles (Tu n’es pas seul), romans (Anna) et essais (La Vie poétique, j’y crois), traduits en de nombreuses langues.  Elle écrit aussi pour la jeunesse, autour de la peinture. Elle aime collaborer avec des artistes, faire connaître la littérature belge à l’étranger. Photo : F Lison-Leroy

Olivier OdaertOlivier Odaert – Professeur de littérature et de philosophie à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai, il publie des travaux critiques dans les genres du roman, du reportage et de la BD, dont Saint-Exupéry écrivain (PUL), « Une résistance littéraire » (Cahiers de la NRF) et « Le Mythe du Petit Prince » (Gallimard). Il a co-dirigé un livre consacré aux Racines populaires de la culture européenne (Peter Lang). Son recueil de nouvelles, Solitudes, paraît chez Academia en 2017.


Arcangelo Petranto-3Arcangelo Petranto
– J’ai démarré, dès l’adolescence, une aventure poétique exprimée aussi bien en français qu’en italien. Auteur d’une Histoire des Italiens en Belgique et d’un recueil de nouvelles brèves La planète verte. Inédits : mon œuvre poétique, un livre sur la cinématographie Péplum, un second recueil de nouvelles et un recueil d’épisodes anecdotiques.

Philippe Remy-Wilkin par Pablo GarrigosPhilippe Remy-Wilkin – Ce philologue a organisé ses vies autour de l’écriture. Côté création : scénarios, nouvelles, études, contes, romans publiés à Paris, Bruxelles, Genève, Milan ; 2 prix littéraires en 2018 ; ses 14e et 15e ouvrages, Matriochka (Samsa) et Vertige ! (Maelström), sortis en 2019. Côté médiation culturelle : articles et dossiers sous divers supports écrits et en ligne, chroniques radiophoniques. Membre de divers jurys et d’un comité de rédaction. Photo: Pablo Garrigos

Martine RouhartMartine Rouhart – Née à Mons, elle a mené une carrière de juriste. Romancière (son 7e roman est sorti en 2020 aux éditions Murmure des Soirs), elle publie aussi de la poésie et contribue à diverses revues littéraires. Elle est Vice-présidente de l’Association des Ecrivains belges de langue française, membre des CA de l’AREAW et du Grenier Jane Tony.

Claire RuwetClaire Ruwet – L’écriture l’a conduite aux métiers d’artiste et de professeur de français langue étrangère pour des demandeurs d’asile. Depuis la publication du récit Blanc foncé en 2007, elle publie poésie, romans… Elle anime des ateliers d’écriture sensorielle. Sur scène, elle conte et chante ses textes. Elle aime mélanger les disciplines artistiques comme La femme mosaïque. Sites : Le chant des mots ou www.tole-ruwet.be

Anne-Marielle Wilwerth

Anne-Marielle Wilwerth – A mené de front sa carrière d’enseignante et de poète. L’écriture poétique la passionne toujours autant ! Très attirée par la mer, les îles, les ports, elle aime aussi le silence et la solitude. Elle écrit des poèmes courts, allant à l’essentiel. Une bonne vingtaine de recueils publiés en France et en Belgique chez Tandem, Taillis Pré, Coudrier, Bleu d’encre, …

 


Un projet coordonné par l’équipe du Cercle de la Rotonde :

MC Roose par F Lison-LeroyMarie-Clotilde Roose – Ecrivain belge, chargée de cours, a lancé et animé des rencontres d’auteurs depuis 1990, faisant place aux nouveaux écrivains comme aux confirmés : www.lecercledelarotonde.be. Parmi ses recueils : Tourment (Le Taillis Pré, Prix H. Krains), et Le poème quotidien (Les déjeuners sur l’herbe). Thèse parue chez L’Harmattan : Désir d’être et parole poétique (Prix Ch. Plisnier). Photo : F Lison-Leroy

Pascale EybenPascale Eyben – Historienne d’Art, elle anime des visites culturelles, écrit des articles d’art. A publié quelques poèmes en revues dont Le Spantole, et dans l’anthologie Résonances (Ed. Memor, 2006). Pratique la dentelle contemporaine. Croiser les fils, c’est un chemin d’expression, d’émotions, de mots couleurs. Trésorière du Cercle de la Rotonde, elle participe à l’animation du site.

AydinAydın Malkoç – Passionné par la littérature et la musique, notamment la pédagogie musicale. Il s’est spécialisé en communication & création Multimédia. Il a assuré la conception et la gestion du site web du Cercle de la Rotonde – www.lecercledelarotonde.be

Réalisé avec la collaboration de :

Stefan Thibeau, Marie-Christine Degraeve et son Atelier de déclamation, lié au Conservatoire de Tournai, lequel a cousu deux textes de Pascale Eyben et Marie-Clotilde Roose à son patchwork. Avec Adélaïde Wlomainck pour le décor sonore.

Stefan Thibeau

Stefan Thibeau

Stefan Thibeau – Il co-dirige avec A. Rak et R. Thibeau La Roulotte Théâtrale. Comédien, metteur en scène, il participe à « In Flanders Field » (Musée d’Ypres), « La sonate de Vinteuil » (Proust), « Les Sœurs Bonté » (B. Jouret), … Comme réalisateur, 2 documentaires : « Marcel Moreau : se dépasser pour s’atteindre », et « Tout va bien : le cinéma de Jan Bucquoy », pour « Les cinéastes d’aujourd’hui », produit par Cobra films, la cinémathèque de la FWB et la RTBF.

Atelier de M-C Degraeve photo 2016L’Atelier – L’Atelier du samedi réunit des élèves de Marie-Christine Degraeve, qui ont terminé leur parcours en déclamation au Conservatoire de Tournai, avec l’envie de continuer à travailler l’interprétation de textes, en compagnie de quelques élèves ultra-motivés qui les ont rejoints. L’atelier monte un à deux spectacles par an autour d’un thème ou d’un auteur.

Marie-Christine DegraeveMarie-Christine Degraeve – A 13 ans, elle rencontre Robert Léonard : une rencontre déterminante pour son avenir. Parallèlement à son métier d’ergothérapeute en psychiatrie, elle fait des études au Conservatoire Royal, puis enseigne au Conservatoire de Tournai en Arts de la Parole. Depuis la création de l’Atelier Déclamation, elle monte de nombreux spectacles avec ses étudiants. Bonheur ! Photo : Fred Galliez

Adélaïde WlomainckAdélaïde Wlomainck – Formée au Conservatoire de Tournai puis au Conservatoire Royal de Mons – Arts², elle est devenue sous-cheffe de la Royale Harmonie du Corps des Sapeurs-Pompiers et professeur de percussion au Conservatoire de la ville de Tournai. En septembre 2015, elle rejoint la compagnie AkroPercu avec qui elle se produit notamment en France comme percussionniste.

 

Le Cercle de la Rotonde remercie La Promotion des Lettres de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour son soutien à ces activités.

POUR LES 30 ANS DU CERCLE DE LA ROTONDE

« Si tu n’espères pas l’inespéré, tu ne le trouveras pas. »

Héraclite

Avis aux Auteur.e.s (déjà venu.e.s au Cercle pour une présentation) :

logoLors de la soirée d’inauguration du prochain Salon de Tournai la Page, le samedi 7 novembre 2020 vers 18h, un court spectacle (environ 60’) sera créé avec le soutien de Mme Marie-Christine Degraeve et ses élèves de déclamation, issus du Conservatoire de Tournai, avant le drink officiel de la Ville de Tournai.

Le thème du Salon sera : « Entre nature et culture ».

Pour le réaliser, les auteur.e.s sont invité.e.s à envoyer un texte ou extrait(s) de texte(s) – tous genres possibles mais une seule page A4 en Word, sur le thème choisi – soit issu d’un livre déjà publié par l’Auteur.e, soit écrit spécialement pour l’occasion. A envoyer à l’adresse suivante : rotonde@scarlet.be – si possible dans le délai du 15 avril au 15 mai 2020.

La professeure et ses élèves auront le privilège de choisir les textes et de préparer la mise en scène, avec des interludes musicaux.

Les noms des 30 auteurs choisis seront publiés sur le site www.lecercledelarotonde.be en y annonçant l’événement de Tournai-la-Page et en le reliant à leur site.

Il n’y aura pas de droit d’entrée ni de droit d’auteur pour ce spectacle.

Mais un stand sera accordé gratuitement à ces auteur.e.s par les Amis de Tournai ; ils pourront y déposer leurs livres (de préférence liés au thème du Salon) et se relayer sur ce stand durant le week-end (7-8 novembre 2020), afin de les vendre et dédicacer (à leur profit intégral).

Le Cercle de la Rotonde accordera un défraiement à hauteur d’un forfait de train par railpass à tous ceux et celles qui le demanderont.

Une page Facebook sera, si possible, créée par Le Cercle de la Rotonde pour y publier des photos, vidéos et activités en lien avec cet anniversaire et ce futur événement collaboratif à Tournai la Page – sous réserve que la pandémie du Covid-19 n’oblige plus au confinement.

Si le désespoir fait souvent écrire… l’espoir fait vivre !

Cet espoir tient à vos visages, à vos voix et vos talents : à vous de jouer.

Voir aussi : Des capsules festives 30 ans

Contacts-relais :

Marie-Clotilde Roose Présidente-secrétaire du Cercle de la Rotonde 069.23.68.93

Prochaines rencontres du Cercle de la Rotonde : les 9 et 10 novembre 2019 – un stand et deux cafés littéraires au Salon de Tournai la Page

le samedi 9 novembre 2019 de 16h à 17h

« Remontée aux sources » avec les auteurs

Rose-Marie François et Gérard Adam

Rose-Marie François

Rose-Marie François – Autoportrait

Rose-Marie François, poète, philologue, romancière, dramaturge et rhapsode, habite sur les hauteurs de Liège, voyage par le monde et par les littératures. Auteure d’une quarantaine de livres, ses œuvres ont été traduites en une douzaine de langues. Elle a reçu plusieurs prix prestigieux dont Prix triennal de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour Lès Chènes. La Cendre (2013). Avec La Belle Enceinte. Nos amours de Flandre et de Picardie, publié chez Maelström Reevolution en 2018, elle signe un roman inclassable, une épopée fantastique à travers le passé et l’imaginaire habitant des terres familières mais souvent hostiles : les racines de la Belgique, pays cousu de pièces rapportées, de récits collectifs, de rêves antagonistes, de langues et de désirs complexes. L’auteure remonte l’écume des jours, à la manière d’un Boris Vian, plongeant dans les vagues du 19e siècle, à la recherche des langues picarde et thioise, en Picardie et Flandre, unies ou opposées. Elle raconte l’histoire de deux jeunes hommes, Jan Frans van der Weyden cherchant fortune dans les charbonnages, et Jean-François del Pasture, professeur, tous deux se disputant l’amour de la belle Victorine. Ce conte poétique, initiatique et prophétique, entraîne le lecteur dans une remontée aux sources, par des sentiers mystérieux et pourtant familiers.

par Anita De Meyer

par Anita De Meyer

Gérard Adam, ex-médecin militaire en zones «humanitaires», écrivain, traducteur, éditeur, est l’auteur d’une quinzaine de romans, récits et recueils de nouvelles, salués par la critique et quelques prix notoires (NCR-AT&T, Emma Martin…). Dans Stille Nacht (M.E.O. 2017), Yvan Jankovic part à la recherche de son identité, remontant dans les souvenirs dispersés de sa jeunesse, interrogeant ceux de sa vieille mère, sur le père disparu avec ses secrets, mort de silicose au contact des charbonnages. Ces migrants d’Istrie et Herzégovine, naturalisés belges après la catastrophe de Marcinelle, se sont-ils vraiment aimés ? Et pourquoi Yvan porte-t-il comme un fardeau l’héritage catholique de sa mère, autant que les regrets de n’avoir pas assez rêvé et relevé son destin ? De telles questions, impliquant autant la solitude individuelle que les défis sociaux, sont également au cœur de La Passion selon Saint-Mars (id. 2018) – petit village où se décide, à l’ombre de son église romane, un groupe de jeunes et habitués de café, pour jouer une représentation de cette page d’Evangile. Encore faut-il trouver un Messie… et concilier les vives tensions entre les villageois et les « étrangers ». Pour boire aux sources, rien de tel qu’un calice.

le dimanche 10 novembre 2019 de 16h à 17h

« La transformation du réel dans le roman » avec les auteurs

Annie Préaux et Daniel Charneux

Annie Preaux

Annie Préaux

Annie Préaux est une écrivaine et romaniste multiple, qui a créé La Maison d’Anna pour y donner des ateliers d’écriture autour d’artistes contemporains. Elle a obtenu le Prix des Amis du Hainaut en 2011. Dans son roman Bird et le mage Chô (M.E.O. 2017), elle aborde avec dextérité et tact une question difficile : celle de la dépression suite à une perte d’emploi, d’une manière cruelle et abusive, sans états d’âme, pour la rentabilité ou la prétendue efficacité d’une entreprise. C’est à grande échelle, aujourd’hui, qu’on s’entre-mange, dans la grande fête mondiale des joyeux profits. Sandrine s’est fait littéralement jeter dehors : – Notre collaboration s’arrête aujourd’hui. Tu dois rendre ton ordi, ta voiture, ton smartphone. Immédiatement. A la violence du licenciement subi, s’ajoute celle de sa relation antérieure avec son père : une violence sans cri, sans coup – la totale indifférence. Sous le choc, son chemin va croiser celui de Jean-Marc, traumatisé par une agression en classe. C’est le personnage Bird, du roman Le Baiser cannibale qui va jouer le rôle principal dans leur relation. D’autres personnes vont leur permettre de décoller peu à peu de l’enlisement… L’écriture y est alerte, moderne, très vivante, pour décrire par la fiction quelques symptômes touchant de plein fouet notre société.

Daniel Charneux

Daniel Charneux

Daniel Charneux est l’auteur de huit romans, un recueil de nouvelles et un essai consacré à Thomas More. En 2018 paraît Si près de l’aurore (Ed. Luce Wilquin) consacré à Lady Jane Grey, la « reine de neuf jours » dans l’Angleterre tumultueuse du 16e siècle. Brillante et ascétique, humaniste accomplie, cette jeune noble lisait Platon en grec, correspondait en latin avec le réformateur suisse Heinrich Bullinger et se vouait à Dieu, en pleine guerre de religions. Modelée pour plaire à la Cour et obéir par un riche mariage, elle sera, après la disparition de l’ogresque Henry VIII, troisième dans l’ordre de succession, devenue malgré elle l’enjeu de rivalités effrénées pour le pouvoir. Fidèle à sa foi réformée, dans le sillage de l’anglicanisme, elle sera sacrifiée en 1554 par la catholique Mary Tudor, sous l’influence de ses conseillers. Daniel Charneux brosse le portrait éloquent de Jane Grey, mais aussi le tableau d’une époque, d’une nation et d’un peuple, d’une généalogie mixée à celle de la France, de ses aristocrates sans scrupules et de leurs mœurs, des conflits religieux liés aux pouvoirs se déchirant, avec toutes les dérives autoritaires se succédant, dans une Europe en mutation. La langue y est superbe, rythmée d’allitérations, nourrie d’un vocabulaire raffiné, accordé au contexte. Nul étonnement que ce livre ait obtenu le prix Gauchez-Philippot et le prix quinquennal Alex Pasquier, décerné par l’A.E.B. à un roman historique.

Marie-Clotilde Roose

Lieu de la rencontre : Halle aux draps, Grand-Place de Tournai.

Infos :

Le Cercle de la Rotonde, 8 rue du Touquet, B-7522 Blandain.
Tel : 069.23.68.93 rotonde@scarlet.be
Site : www.lecercledelarotonde.be

https://lesamisdetournai.be/tournai-la-page.html

Entrée libre.

En partenariat avec l’asbl Les Amis de Tournai.
Avec l’aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Rencontre du Cercle de la Rotonde, le samedi 11 mai 2018 à 17h à l’Auberge de Jeunesse de Tournai, 64 rue Saint-Martin

« Voyages » avec 3 écrivains
John Henry, Olivier Odaert et Françoise Pirart
Animation : Marie-Clotilde Roose

John Henry BrichartQuand les ânes de la colline sont devenus barbus – titre qui en dit long sur l’ironie du contexte – est l’excellent premier roman du jeune auteur et journaliste John Henry, publié en 2015 chez Diagonale (dont c’est la spécialité). Inspirée d’une histoire réelle, sa plume nous conte la double aventure de Jack, enfant d’Afghanistan, entre les coutumes durcies du pays, l’intégrisme et la nécessité intérieure de vraie liberté. Jack aide son vieux père à toutes les tâches réservées aux hommes, et personne ne fait aussi bien que lui les œufs en étoile, vendues dans la ville. « Ce soir-là, sous le figuier, je parlais à Bahar et je lui disais que bientôt je l’habillerais comme une femme de président des Etats-Unis, elle m’a répondu qu’elle aurait préféré faire du cerf-volant parce qu’il n’y avait pas d’intérêt à être bien habillée si personne ne te voit. » (p. 41) Comme on s’en doute, un drame va survenir, obligeant Jack à fuir, loin de sa famille, sans réussir à protéger celle-ci des « barbus ». Le récit est écrit dans une langue simple, proche du langage d’un enfant, au flux rapide, poétique et dense. Il tient en haleine le lecteur jusqu’au dévoilement des secrets douloureux. Pas étonnant que John Henry ait reçu le Prix du premier roman de Chambéry en 2016, après celui de la Roquette en 2015 : ce livre est lumineux, comme le courage de Jack.

Olivier OdaertDans Solitudes, recueil de 24 nouvelles (Academia, 2017), illustrées par Sylvain Delcourt, ce sont également des « moments vécus seul ou à deux, dans l’intimité ou au milieu de la foule, ces moments qui nous changent pour toujours » qui sont mis en évidence. Avec subtilité et douceur, Olivier Odaert fait entrer le lecteur dans des atmosphères tristes ou drôles, vivaces ou nostalgiques, ayant soin de laisser une surprise à chaque dénouement – caractéristique du genre bien réussie. Les phrases sont ciselées avec raffinement, chaque mot est goûté pour lui-même, prenant sa place exacte. « Est-ce qu’elle était trop heureuse ? Est-ce que le bleu profond du plein été de sa vie devait nécessairement, suivant une imprescriptible loi de la nature, attirer sur lui la perturbation revancharde d’une sombre tourmente, comme les jours trop chauds appellent dans leur perfection même le déchaînement de la tempête ? » (L’Orage, p. 108) Olivier Odaert signe un premier recueil très convaincant, empli de poésie et de ces petits riens qui donnent saveur à la vie. Depuis une dizaine d’années, ce professeur de littérature et philosophie publie des travaux sur la littérature d’expression française de la première moitié du 20e siècle, dans les genres du roman, du reportage et de la bande dessinée, comme Saint-Exupéry écrivain (PUL, 2018), « Le Mythe du Petit Prince » (Gallimard, 2014), « Une résistance littéraire » (Cahiers de la NRF, 2013).

Françoise PirartAuteure d’une vingtaine de romans et recueils de nouvelles, Françoise Pirart revient au Cercle présenter ses derniers récits, Seuls les échos de nos pas (Luce Wilquin, 2018) et Beau comme une éclipse (M.E.O., 2019). Le premier commence comme un thriller où l’on pressent le pire : une jeune comédienne, Coline, disparaît un soir, au bord d’un parking d’autoroute, dans le sud de la France. Son frère Gilles et sa meilleure amie, Anaïs, vont faire connaissance et partir à sa recherche, mus par la même urgence de savoir. Pendant ce temps, Sophie, la femme de Gilles, l’attend et travaille dur, dans une solitude de plus en plus pesante – mise en abyme du récit de Madeleine Bourdhouxe. Le second, tout aussi rondement mené, est plus fantaisiste et décalé : Albien Bienfait est une parodie du jeune homme trop éduqué, coincé par ses bigotes de mère et grand-mère. Epaulé par un drôle d’oncle, Edwin, baratineur et tendre poivrot, il va tenter de s’affranchir de sa propre pesanteur, à la recherche d’Esther, son amie d’enfance, d’un pays rêvé – le Swaziland – et de lui-même. Le vraisemblable, dans ces deux romans quasi opposés, n’est pas le but ; ce qui compte avant tout, c’est de susciter l’émotion, par l’empathie, le mystère, la curiosité – ou la cocasserie, dans le sillage du second. Pari relevé avec brio.

Marie-Clotilde Roose

Infos :

Le Cercle de la Rotonde, 8 rue du Touquet, B-7522 Blandain.

Tel : 069.23.68.93 rotonde@scarlet.be

Site : www.lecercledelarotonde.be

Entrée libre.

Avec l’aide du Ministère de la Communauté française de Belgique.

Rencontre du Cercle de la Rotonde, le samedi 1er décembre 2018 à 17h

Lectures et entretiens avec les auteurs

Caroline Alexander, Philippe Marchandise et Françoise Thiry

Aux salons de l’Auberge de Jeunesse de Tournai

Animation : Marie-Clotilde Roose

Caroline Alexander

Caroline Alexander

Caroline Alexander, née en Allemagne dans les années sombres, a échappé au pire et s’est dessiné un destin de journaliste, critique dramatique et musicale, de traductrice (notamment de pièces d’Arthur Schnitzler chez Actes Sud) et d’écrivain.  Dès son 1er roman d’autofiction, Ciel avec trou noir, elle obtient le prix Emma Martin et signe ici un 2e livre pour le moins original, Une vie en miniature (M.E.O.).  La narratrice, aux côtés d’un homme bavard et volage, supporte ses escapades grâce à la présence de ses chats et d’une routine rassurante : « parfois, dans ces moments de douceur flottante, au milieu des grandes idées qui secouent le monde depuis qu’il est monde, je me dis que j’aimerais me faire toute petite pour rester auprès de lui et ne jamais le perdre » (p. 11).  Or voilà que ce désir s’effectue et, entre ses articles de théâtre et d’opéra, elle subit des métamorphoses qui lui permettent de circuler, invisible, dans la vie de son mari.  Pour son plaisir et son malheur, après l’apogée : « Près d’un an se passa ainsi en une apnée de bonheur » (p. 52).  Car la respiration du couple va battre la chamade… et le flegme royal des chats sera d’autant plus salutaire.  Ce conte aux reliefs magiques est l’occasion de décrire un microcosme, au ras de l’herbe et des coutures, autant que les aspérités de l’âme humaine.

Philippe Marchandise

Philippe Marchandise

Le soupir de la paruline est, sous le chant de séduction de ce passereau migrateur en Caroline du Sud, le portrait d’une femme autant que des Etats-Unis, le temps d’une vie humaine.  L’auteur, Philippe Marchandise, économiste et juriste, en est à son second ouvrage, édité chez Mols.  L’érudition et l’esprit scientifique sont perceptibles en de nombreuses descriptions, très denses, sur la flore et la faune, les faits historiques concernant l’Amérique, de même que la passion du golf qui anime Shirley, personnage au statut privilégié.  Le lecteur découvre ses traits sur l’île d’Hilton Head, à travers une sorte de journal intime (peu daté sinon par les événements-clés aux USA) qui reflète son enfance (contrastant avec celle de sa nounou, Maybel, lui racontant les stigmates de l’esclavagisme), son adolescence nourrie d’exploits sportifs et de conflits avec sa détestable sœur, ses amours et leur déclin, en des récits ponctués de citations et d’idiomes, faisant rebondir le passé et le présent par retours incessants, au flux des pensées.  « Pourquoi n’avais-je pu saisir à temps l’étincelle du bonheur ?  Au moment où mon pays gagnait en maturité, ouvrant aux Noirs les portes de ses écoles et leur donnant accès aux terrains de base-ball, je régressais et me renfermais comme une huître. » (p. 157)  Dans la 3ème partie, l’auteur reprend la main… car Shirley a cessé d’écrire, affaiblie, dans une maison de retraite dorée, son bel amour de jadis veillant sur elle, au gré des humeurs et des mélodies ayant façonné leur jeunesse.

Françoise Thiry

Françoise Thiry

Dans le récit poignant de Françoise Thiry, publié chez M.E.O., il s’agit également de la vie d’une femme, qui s’adresse en « tu » à la petite fille qu’elle a été, cachant Sous le rideau, la petite valise brune…  En cette valise, un secret d’Etat et d’Eglise : l’arrachement forcé des jeunes métis à leur mère, « enfants de la honte », à l’heure de la décolonisation.  L’enfant, dans sa famille d’adoption bourgeoise, va devoir se forger une identité belge, rayant de sa mémoire et de sa peau leur part trop douloureuse, restée au Burundi.  Mais si l’esprit lutte pour se constituer un visage acceptable, le corps n’oublie rien et s’affole, averti par des songes et des actes manqués.  « Pour toi aussi la nouvelle reçue est de taille, tu mettras une vie entière à décoder ce rêve.  Tu te réveilles dans un pavillon de l’hôpital psychiatrique de la Cité mosane. » (p. 77)  Au fil des lectures, des rencontres et des secousses, initiatrices ou radicales, l’adolescente rebelle, devenue mère à son tour, va faire sauter le cadenas et remonter aux sources du passé, jusqu’à ce que « je » se renomme.  Spécialisée dans la formation interculturelle d’adultes, Françoise Thiry, qui coordonne un centre alpha à Bruxelles, a suivi les ateliers d’Elisabeth Bing à Paris ; son livre est non seulement un acte de courage, mais la preuve que l’écriture peut être salvatrice.

Marie-Clotilde Roose

N.B.  L’écrivain Jean-Pol Hecq sera présenté lors d’un entretien ultérieur.

Lieu de la rencontre : Auberge de Jeunesse de Tournai, 64 rue Saint Martin, 7500 Tournai.

Tél. +32 (0)69 21 61 36 | Fax +32 (0)69 21 61 40 www.lesaubergesdejeunesse.be

Les Auberges de Jeunesse asbl is a member of Hostelling International.

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Infos :

Le Cercle de la Rotonde, 8 rue du Touquet, B-7522 Blandain.

Tel : 069.23.68.93  rotonde@scarlet.be

Site : www.lecercledelarotonde.be

Entrée libre.
Avec l’aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Programme du 2ème semestre 2018

Nous remercions chaleureusement Pierre Peeters, directeur des Editions Wapica, de nous avoir hébergés gracieusement dès 2017 pour nos rencontres.  Les Editions Wapica ont déménagé à Leuze cet été.  Une nouvelle collaboration s’ouvre avec l’Auberge de Jeunesse de Tournai, pour tenir nos animations une fois par semestre.

Samedi 1er décembre à l’Auberge de Jeunesse de Tournai

  • Caroline AlexanderUne vie en miniature, (M.E.O. 2018)
  • Jean-Pol HecqGeorges et les dragons, ainsi que Tea Time à New Delhi (Luce Wilquin, 2015 et 2017)
  • Philippe MarchandiseLe soupir de la paruline, (MOLS, 2017)
  • Françoise ThirySous le rideau, la petite valise brune (M.E.O. 2017)

PRIX LITTÉRAIRES DE L’AEB DÉCERNÉS EN 2018

Chers membres, chers amis,

Voici les informations concernant les quatre prix littéraires qui seront remis par l’AEB en cette année 2018.

Pour le Prix Constant de Horion, le candidat doit être âgé de moins de quarante ans au moment de la clôture des délais fixés pour le dépôt des travaux.

Par ailleurs et tant que j’y suis, si, pour une raison ou une autre, vous désirez envoyer votre participation par recommandé (sait-on jamais), veuillez mentionnez mon nom en destinataire.

Bien cordialement,

Frédéric Vinclair,

Secrétaire

PRIX LITTÉRAIRES DE L’AEB DÉCERNÉS EN 2018

Pour tous ces prix, les candidats doivent faire parvenir leurs livres et/ou manuscrits à l’AEB, 150, chaussée de Wavre, 1050 BRUXELLES, avant le 15 juin 2018.

Les prix seront remis à la Rentrée littéraire de septembre 2018.

  1. PRIX EMMA MARTIN POÉSIE. Décerné depuis 1994, en alternance à la poésie et au roman. Cette année, les ouvrages de poésie, parus en  2016, 2017et 2018 peuvent concourir. Montant du prix : 1000€. Recueils à envoyer en 3 exemplaires.
  2. PRIX ALEX PASQUIER. Ce prix quinquennal, de 625€, couronne un roman historique inédit ou paru durant la période quinquennale (2014-2015-2016-2017-2018)  Le candidat envoie 3 exemplaires de son ouvrage.
  3. PRIX CONSTANT DE HORION. Le candidat doit être âgé de moins de quarante ans au moment de la clôture des délais fixés pour le dépôt des travaux.
    Il récompense le meilleur essai d’histoire littéraire ou de critique littéraire, inédit ou paru en 2016-2017. Il est biennal, et son montant est de 1250€. Le candidat soumettra son œuvre en 3 exemplaires.
  4. PRIX GILLES NELOD. Prix de 250€ décerné tous les deux ans à un auteur d’un  récit ou d’un conte. Il s’agit d’un manuscrit inédit (environ 900 lignes dactylographiées). Manuscrits à envoyer en 3exemplaires.

Logo-AEDAssociation des Écrivains Belges de langue française(AEB)
150, Chaussée de Wavre
1050 Bruxelles
www.ecrivainsbelges.be
a.e.b@skynet.be  –  02/512.36.57

Rencontre du Cercle de la Rotonde, le dimanche 6 mai 2018 à 11h, aux Editions Wapica, 9 rue d’Espinoy à Tournai

Florence Noël, Stéphane Georis, Jean-Louis Massot, Annie Préaux

Animation : Marie-Clotilde Roose

Les Editions Wapica accueillent le Cercle de la Rotonde durant les travaux à la Bibliothèque de Tournai, deux dimanches par an, autour d’un café ou d’un apéro.  Voici nos invités du printemps :

Florence Noël

Florence Noël

Florence Noël est une auteure belge, discrète mais très remarquée, surtout depuis la parution de son 2ème recueil, L’étrangère (Bleu d’encre 2017).  S’il faut décrire sa poésie en quelques mots, prenons ses propres vers : avec tant de ferveur / d’intensité / rêveuse.  Les illustrations de Sylvie Durbec vont parfaitement en ce sens : elles dansent dans une sensualité légère, habillées d’encre transparente.  La poétesse parle de la nudité de l’âme, de la perte « sèche » où l’être humain s’enfonce (détresses, finitude, fêlures), sous le voile humide des larmes, et malgré cela, ce sourire / parfois.  Des vers minces mais drus, où l’on sent l’ossature du verbe, un souffle plus puissant qu’il n’y parait, de la grâce toujours.  S’y glissent des saluts à des écrivains, des artistes, des insoumis persécutés.  Florence Noël tisse une toile d’amitiés littéraires, à travers le site qu’elle a fondé, Francopolis, et autres réseaux, nouant des collaborations vitales avec ses pairs.

Jean-Louis Massot © Dominique Houcmant

Jean-Louis Massot © Dominique Houcmant

Jean-Louis Massot, poète né en Ardèche mais vivant en Belgique depuis 1977, y a fondé la maison d’éditions Les Carnets du Dessert de Lune, avec plus de 200 titres au catalogue.  Lui-même a publié une adaptation théâtrale de Thérèse Raquin et plus d’une quinzaine de recueils en d’autres maisons, parmi lesquels Séjours, là. Poèmes (M.E.O. 2013, avec les dessins oniriques, façon « art brut » de Gérard Sendrey) et Nuages de saison avec des photos d’Olivia HB (Bleu d’encre 2017).  Son attention aux autres, aux petits détails qui font mouche, est touchante et permanente, souvent ponctuée d’humour.  Altocumulus / Le ciel est libre ; / Profitez-en // Mais ne prenez pas / Toute la place, dit un poème.  Le poète, lui, fait plutôt la place à l’Autre, et lui accorde le séjour : On l’écoute un peu et c’est comme si on entrait dans sa maison et que lui vient d’ouvrir en grand toutes les fenêtres d’où s’échappent des gerbes de notes.

Annie Preaux

Annie Preaux

Annie Préaux, précédemment invitée pour son merveilleux roman J’ai immédiatement écouté les conseils de Dieu (2013), aborde à nouveau avec dextérité et tact une question difficile : celle de la dépression.  Dans son roman Bird et le mage Chô (M.E.O.  2017), Sandrine s’est fait littéralement jeter dehors : – Notre collaboration s’arrête aujourd’hui.  Tu dois rendre ton ordi, ta voiture, ton smartphone.  Immédiatement.  A la violence du licenciement subi, s’ajoute celle de sa relation antérieure avec son père : une violence sans cri, sans coup – la totale indifférence.  Sous le choc, son chemin va croiser celui de Jean-Marc, traumatisé par une agression en classe.  C’est le personnage Bird, du roman Le Baiser cannibale qui va jouer le rôle principal dans leur relation.  D’autres personnes vont leur permettre de décoller peu à peu de l’enlisement…  L’écriture y est alerte, moderne, très vivante.  Enfin, l’écrivaine et animatrice de La Maison d’Anna dialogue, dans son recueil Voyages (Le Coudrier 2017) avec les œuvres de Claudine Ruelle, par des poèmes à la fois narratifs et contemplatifs.

Stéphane Géoris

Stéphane Géoris

Stéphane Georis nous revient aussi avec la biographie rêveuse Blaise Cendrars. Brasier d’étoiles filantes, (Transboréal 2014) : un chef-d’œuvre capable de nous faire voyager tantôt aux côtés du grand poète d’origine suisse, tantôt de rêver à ses côtés, voyageur marionnettiste parti sur les traces de son inspirateur, par les livres et par les routes. Car Stéphane Georis est, comme lui, un poète vagabond, cosmique, assoiffé de liberté.  Le récit est alerte, nourri d’une multitude de lectures, tout en restant rapide, aérien, superbement inventif.  Il passe facilement du je au nous, il nous rend contemporain de son frère d’âme, nous fait voir ses paysages.  À vingt ans, les phrases écrites dans le train ont autant de feu que le nom que le poète prendra plus tard : Blaise comme la braise, Cendrars comme la cendre au milieu de la neige et de la voie ferrée.  Atypique, ébouriffant de sincérité, drôle, profond et baroudeur, Stéphane Georis nous fait (re)découvrir Cendrars mieux que personne… et n’a pas fini de nous surprendre.

Marie-Clotilde Roose

Rencontre du Cercle de la Rotonde, le dimanche 1er octobre 2017 à 11h aux Editions Wapica, 9 rue d’Espinoy à Tournai

avec

Dominique Costermans, Martine Rouhart, Pablo Franceschetto et Philippe Leuckx

Animation : Marie-Clotilde Roose

La vraie littérature a l’audace de nous sortir de la banalité, de la répétition et du superficiel. Elle sonde l’intime, parvient à susciter de l’empathie pour des personnages, attachants ou non, inspirés ou non de la vie réelle. La fiction rapproche souvent d’une vérité particulière : celle des tréfonds de l’humain. A travers romans, nouvelles et poésie, quatre auteurs se livrent, peu ou prou.

Pablo Franceschetto

Pablo Franceschetto

« Pourriez-vous pardonner les crimes les plus odieux ? » interroge la 4ème de couverture de L’immortel (Les déjeuners sur l’herbe, 2015), 1er recueil de Pablo Franceschetto, jeune écrivain et collaborateur parlementaire. « Etes-vous libres ? » Aucune de ces nouvelles ne répondra à votre place, mais l’essentiel se tient dans l’envie et la façon de poser les questions. Parfois inspirées par Borges, elles ont pour thèmes la folie, l’amour, la mort, le combat du bien et du mal, les illusions et les traces du temps. Aucune ne laisse présupposer sa fin ; chacune entraîne le lecteur par la main, en style direct, sur le ton de la confidence : « Que voit-il, lui, avec ses yeux d’enfant ? J’aimerais revenir en arrière, saisir les choses telles qu’elles sont. Je découvre qu’en grandissant, nous ne sommes plus entiers au monde et que celui qui a peut-être le plus à apprendre de l’autre, c’est moi. » Dans un style sobre et concis, un rythme alerte, huit histoires construisent, avec originalité et légèreté, des portraits colorés et vivants.

Dominique Costermans - photo de V. Pipers

Dominique Costermans – photo de V. Pipers

« Et Charles ? Est-ce qu’un jour, j’arriverai un tant soit peu à le réhabiliter ? A comprendre ? A retrouver sa part d’humanité ? A réconcilier Hélène avec l’auteur de ses jours ? Le faut-il ? » se demande Lucie. Sous ce prénom se démène une âme dont la lucidité est brûlante, et la curiosité tenace, depuis l’enfance jusqu’à la maturité. Quels sont les lourds secrets que sa mère, Hélène, tente d’enfouir dans un silence muré ? Pourquoi cette âpreté et ces larmes, parfois, quand s’échappent d’une faille ténue quelques indices, saisis au vol, pour une longue et douloureuse enquête? Dominique Costermans, nouvelliste reconnue, signe ici son 1er roman, magistral, tant pour les qualités d’écriture – retenue, comme saisie à la pointe du scalpel – que pour le courage d’écrire sur un sujet tabou : la rare collaboration de Juifs avec les nazis, d’autant que celle-ci devient un secret de famille pourrissant les relations futures. Il faudra à la narratrice la force inouïe de passer « Outre-mère » (Luce Wilquin, 2017) pour renouer les fragments épars d’une généalogie brisée, remonter à une figure salvatrice pour accepter sa lignée, et libérer d’un « trou noir » ses propres enfants.

Martine Rouhart

Martine Rouhart

Liaisons dangereuses et fractures sont aussi au cœur du roman Séparations (Dricot, 2015), dont la singularité se situe dans la suite des nouvelles qui forment autant de chapitres, à la fois distincts et reliés. Les personnages se quittent dans l’un, se retrouvent plus loin, avec d’autres dont le destin se noue et se dénoue dans leur sillage. Martine Rouhart, juriste de formation, est une conteuse inventive, sachant maintenir le suspense à chaque nœud, à chaque rebondissement de ses récits. Tout comme dans Proche lointain (id., 2016) elle fait plonger le lecteur dans la psychologie tourmentée de chaque (anti)héros, sans omettre l’action ni le dialogue direct. Dans ce roman à la 1ère personne, écrit comme une lettre à un ami, il est aussi question d’un secret trop lourd à porter, à cause duquel cette amitié vient à s’effriter : « Je t’en veux de n’être que ce que tu es. Je t’en veux de ma déception. Je te le dis tout net, j’ai le sentiment d’une haute trahison. » L’écrivain avance à pas feutrés dans le récit, réservant des surprises à chaque tournant de page… qui pourraient même ressembler au réel.

Philippe Leuckx - photo de Quentin Colette

Philippe Leuckx – photo de Quentin Colette

De nuit me dévêtir m’ôtant / Les mots de la couleur y logeant / A leur place cette litanie de pénombres / Et d’entreprises caverneuses / Où l’être se cherche se perd consent / A se dessaisir de sa proie… C’est par la poésie que s’exprime Philippe Leuckx, dans ses Carnets de Ranggen (Le Coudrier, 2015), pour retracer des « chemins invisibles » à travers l’enfance, la figure du père, les montagnes du Tyrol et le ciel. Auteur d’une quarantaine de recueils, tournant autour du quotidien avec leurs petits riens, leurs joies et tristesses, ce « magnifique poète du crépuscule et de l’équilibre » (Geneviève Bergé), attaché au souvenir, nous dira comment Maintenant l’ombre / peut entrer à son tour / Et former ses masses transcrire sa part / De jour ses angles ses incises

Marie-Clotilde Roose

Infos :

Le Cercle de la Rotonde : rotonde@scarlet.be

Tel : 069.23.68.93

Site : www.lecercledelarotonde.be

Entrée libre.

Avec l’aide du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles