Rencontre du Cercle de la Rotonde, le vendredi 29 novembre 2013 à 18h à la Bibliothèque de Tournai (Auditorium)

avec Geneviève Damas, Alain Dartevelle, Michel Joiret

Animation : Marie-Clotilde Roose

Par le biais de la fiction, la littérature ose aborder toutes les questions qui traversent personnes et sociétés, y compris les plus difficiles, comme celle de la perversité, infantile ou adulte, individuelle ou collective. Trois écrivains y donnent des réponses en des genres, atmosphères et styles très différents.

Alain DartevelleAuteur excellant dans la veine fantastique, Alain Dartevelle (Prix R. Duterme 2012 pour Amours sanglantes) vient de publier Dans la ville infinie chez l’éditeur suisse L’Age d’Homme, dans la collection ‘La Petite Belgique’, dirigée par Jean-Baptiste Baronian. La couverture (‘Vertigo’, du peintre Léon Spilliaert) et le titre mènent à croire qu’il s’agit de récits axés sur Infinity City, « ville immémoriale préservée comme par magie des conflits permanents et désastres climatiques qui sévissent dans le reste du monde ». Mais plutôt que sur son architecture et ses artefacts futuristes, l’attention se porte davantage sur ses mœurs dissolues; les 8 nouvelles entrelacées dévoilent des personnages mus par des pulsions sadiennes, tolérées par une société hyper hiérarchisée et décadente, tétanisée par l’imminente ‘Fin de l’Histoire’. Enfants et femmes y sont jetons de guerre ou objets de plaisir jetables, dans un cynisme porté au paroxysme. L’art de mettre en scène les jeux pervers de la société culmine dans le fantasme pur, chaos organisé.

Michel JoiretMadame Cléo, le roman de Michel Joiret qui a reçu en 2012 le Prix du Parlement de la FWB (et Prix H. Krains avant édition chez M.E.O.) traite du fantasme et de la perversion sous le mode du monologue amoureux, relatant le parcours chahuté d’un « enfant de la guerre », protégé par la délicieuse Madame Cléo jusque dans les tumultes charnels de l’adolescence, évoluant jusqu’à l’âge adulte et ses trahisons, adultères et désirs meurtriers. Le récit, sincère et entier, dévoile les pensées intimes du narrateur, ses émois et détestations, en ses expériences les plus marquantes, y compris dans un hôpital psychiatrique suite à une tentative de suicide. Il y traite des ravages de l’ambiguïté dans les rapports humains, ces « non-dits » qui peuvent agir sur la « douleur d’exister, toute crue », par le pire comme le meilleur. L’écriture y est sensuelle, inspirée des saveurs de la Tunisie qu’elle évoque, libérée de toute censure. A l’instar de la revue Le Non-dit, animée par Michel Joiret qui vient de fêter, avec son 100ème numéro, ses 25 ans d’existence.

Genevieve DamasJuriste de formation, Geneviève Damas est devenue comédienne par vocation, metteur en scène et auteur de pièces de théâtre (primées par de nombreux prix), de nouvelles et d’un roman très remarqué, Si tu passes la rivière (Luce Wilquin, 2011). Si L’épouvantable petite princesse, pièce publiée en 2007 dans la collection « Lansman Jeunesse » traite de la cruauté juvénile, par le biais d’Adélaïde, qui ordonne à ses parents « qu’on enferme tous les autres enfants, qu’on les fouette et leur arrache les cheveux un à un », c’est sur le mode de l’humour qu’elle fait basculer l’absurdité des dérives humaines. Entre un langage dénudé à la Beckett, souvent poétique comme chez Paul Willems, et un jeu sur les langues, elle a inventé la sienne, empreinte de belgitude, de sons et de mots imbibés de leurs racines multiples, pour dire ce qu’il y a d’universel et de singulier dans les comportements, ainsi que la pièce Paix Nationale/Nationale Vrede (Lansman, 2012) en témoigne. C’est également Molly, héroïne (à vélo ou au château) qui interroge les frontières entre désir et réel, ligne blanche entre la tolérance et l’insupportable.

Marie-Clotilde Roose

Lieu de la rencontre :

BIBLIOTHEQUE DE TOURNAI

Maison de la Culture, 2 Boulevard des Frères Rimbaut, 7500 Tournai.

Entrée libre.

Avec l’aide du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Rencontre du Cercle de la Rotonde, le vendredi 26 avril 2013 à la Bibliothèque de Tournai (Salle de Lecture)

Lecture-spectacle « Le diagonaute amouraché » (18h)

Entretien avec Patrice Breno, Timotéi Sergoï, Christine Van Acker (18h45)

Présentation de la collection nomdidomme et Cocktail dînatoire (20h)

Veillée des Auteurs (20h45)

Animation : Marie-Clotilde Roose


Marie-Laure VranckenPrintemps des poètes ?
Ouverture tonique avec Le diagonaute amouraché (Le Fram, 2011), recueil lu à deux voix par Marie-Laure Vrancken (comédienne belge, auteure de radio-fictions) et le poète, Timotéo Sergoï. « Une jeune fille au teint particulièrement clair, transparent, comme blessée par tout ce qui a pu lui arriver, monta un jour au bureau de notre journal, les lèvres en sang. Elle tenait entre ses doigts fins comme des crayons le paquet de feuillets qui… » Ces feuillets de guerre, d’amour et révolte, signés par Monsieur Confetti, sont adressés à Rose Vinaigre, dans une langue novatrice, sincère et bouleversante.

Timotéo SergoïComédien, baroudeur de théâtre, Timotéo Sergoï a fait le tour du monde avec ses marionnettes et ses masques. Auteur de cinq livres (à Liège), il y épelle la prose poétique d’un « pessimiste heureux »; son recueil Le tour du monde est large comme tes hanches, a reçu le coup de cœur de l’Académie Charles Cros à Paris.

 Patrice Breno“Gaumais amoureux de la poésie et de l’écriture”, Patrice Breno est bibliothécaire et ludothécaire à Virton, co-fondateur de Traversées, une revue trimestrielle de littérature qui, à son 65ème numéro, a reçu Prix de la presse poétique Paris 2012. Il y fait découvrir de nombreux auteurs, consacrant chaque numéro soit à un écrivain ou un thème, ponctué d’inédits et de chroniques. Quant à ses propres textes, il consent depuis peu à les voir publiés en revue…
http://traversees.wordpress.com/a-propos/

Christine Van AckerPour aborder Christine Van Acker, une visite s’impose à Muno ou sur www.lesgrandslunaires.org, où l’on découvre que cet écrivain protéiforme est l’auteure d’une quarantaine de créations radiophoniques, d’une dizaine de récits publiés et quelques pièces de théâtre.  Audace et originalité rejoignent l’humour (im)pertinent de ses livres récemment publiés, parmi lesquels : un recueil de nouvelles à la veine mi-poétique mi-fantastique, Où sommes-nous ? (Luce Wilquin) ; N’en-a-qu’un en Très-Haute-Prudence, une balade érotico-burlesque déviant des rails (Les Ed. du Chemin de fer) sous la plume rieuse du graphiste Yoan Armand Gil ; enfin le roman pour ado Vilain crapaud cherche jolie grenouille, juste sautillant des encres de Mijade… sans oublier l’inclassable conte poétique à deux voix (celles d’une jeune fille et d’un vieux marin amoureux), La concordance du temps (Esperluète), accompagné des gravures émouvantes de Vero Vandegh et d’une préface de Hubert Haddad, qui y laisse entrevoir la forme d’un opéra à la Maeterlinck.

Virginie BeaufaysAvant le cocktail et la Veillée des Auteurs, ouverte à tous ceux qui désirent lire un texte de leur cru, Virginie Beaufays présentera nondidomme, collection de vêtements réalisés à partir de matières naturelles, dans une démarche locale, éthique et durable, valorisant le travail d’artisan, souvent bafoué à l’heure de la mondialisation et du capitalisme. Issue de l’Académie des Beaux-Arts de Tournai, lauréate de plusieurs prix de sculpture textile, elle a reçu le Trophée ” Elles créent en Wallonie Picarde ” 2012. Avant-vue sur : www.nomdidomme.be

Marie-Clotilde Roose

Lieu de la rencontre :
BIBLIOTHEQUE DE TOURNAI
Maison de la Culture, 2 Boulevard des Frères Rimbaut, 7500 Tournai.

Infos : Le Cercle de la Rotonde, 8 rue du Touquet, B-7522 Blandain.

Tel/fax : 069.23.68.93 rotonde@scarlet.be

Entrée libre.

Avec l’aide du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Rencontre du Cercle de la Rotonde, le vendredi 22 février 2013 à 18h, à la Bibliothèque de Tournai

Ecrire et lire, fils conducteurs des émotions

Isabelle Bielecki :
Poésie : Le labyrinthe de papier, Le Coudrier, 2010
Petite musique pour cent interprètes, Grenier Jane Tony, 2010

Isabelle BieleckiLa présentation d’Isabelle Bielecki, reportée du 30 novembre dernier, se trouve en ligne sur notre site à cette date. Pour rappel, son recueil Le Labyrinthe de Papier (Ed. Le Coudrier, 2010), traite de la mémoire et du témoignage qu’est l’écriture : Parfois un mot téméraire / Surgit tout nu / Par bravade / Mais il tremble quand même / L’insolence lui tient lieu de chaleur. Son livre Petite musique pour cent interprètes ou comment devenir poète, présente des textes d’un genre nouveau : chaque ‘stichou’, humoristique ou réflexif, veut ouvrir le quotidien à la poésie, accompagné des encres subtiles de Suzanne Arhex. La passion amoureuse dessine l’autre versant de son écriture, à travers pièces de théâtre et recueils (nouvelles, poésie). Isabelle Bielecki anime plusieurs lieux de rencontres littéraires, dont le Grenier Jane Tony.

Emmanuelle Ménard :
Premier recueil : Impressions new-yorkaises, Le Coudrier
Premier roman : Deux jours comme l’hiver, L’Harmattan

Emmanuelle Ménard y a publié dans la revue « Les Elytres du hanneton », et en 2012, fait paraître son premier recueil de poésie, Impressions new-yorkaises, aux éd. Le Coudrier avec quatre illustrations de ses peintures, et une préface du poète Jean-Michel Aubevert : « elle ne procède pas par petites touches nuancées mais par l’apposition de couleurs opposées ». Ce contraste opère aussi bien dans les tours sinueuses peintes par l’auteure, comme serpents se hissant sur leur queue, que dans les poèmes courts : Délit de vitesse / je prends / les ascenseurs du ciel / et monte le vertige / qui me retient en bas. Ce recueil, en bien des aspects, fait écho à son livre Deux jours comme l’hiver, édité chez L’Harmattan ; un premier roman sollicité par Erik Orsenna pour le prix Orange. Le titre résume la durée d’un monologue, muet de désespoir : François, quitté par sa compagne, se remémore le passé, l’intense bonheur comme les arêtes et les chutes. Son errance dans Paris est l’occasion de réflexions âpres sur la vie moderne, jusqu’à ce que la fatigue et une sorte de folie l’emmènent au bout de lui-même.  

Claude Miseur :
Premier recueil, Variations et sortilèges

Claude MiseurClaude Miseur, baigné dans la poésie depuis l’enfance, est resté longtemps discret sur ses propres écrits, remarqués par Pierre Seghers dès 1975 : « Langage limpide pour une extrême exigence ; cela coule de source. » Publiant sur son blog http://www.123website.be/Claude-Miseur, et en quelques revues comme « Traversées », il vient de sortir son premier recueil Variations et Sortilèges aux éd. Novelas, avec des encres légères, enlevées, de Patrick De Meulenaere. Echos à la nature, entrelacs d’émotions et d’images raffinées, ces poèmes ouvrent de vrais espaces où se rafraîchir : Une source impatience / pousse un sang de vanille / vers le puits de lumière / jusqu’au duvet moussu / de nos métamorphoses. Ce mince recueil offre quelques poèmes brillant de simplicité et de grâce ; invitant à découvrir l’œuvre d’un orfèvre de la parole, infiniment patient. Voir site web

Françoise Pirart :
Son dernier roman : Sans nul espoir de vous revoir, Ed. Luce Wilquin, 2012.

Françoise PirartFrançoise Pirart, romancière et nouvelliste réputée, également biographe et animatrice d’ateliers d’écriture, a publié chez Luce Wilquin son dixième roman, Sans nul espoir de vous revoir, dont l’inspiration lui est venue d’un récit authentique, qu’elle a traduit avec Pierre Maury : un voyage à pied à travers l’empire russe, rédigé par un militaire britannique, John Dundas Cochrane, de 1820 à 1823. Y greffant une relation sentimentale entre un jeune homme promis à une brillante carrière de ténor, et la belle Elisabeth d’Ancourt, de vingt ans son aînée, ce récit palpitant atteste d’une grande intelligence de la construction narratrice et des ressorts intimes de l’âme. Entre échanges épistolaires et récit haletant d’un périple vers les grands espaces sauvages et glacés, le lecteur s’attend à toutes les dérives. Mais ce serait sans compter sur la grande rigueur qui anime le héros, rivé au travail d’observation des peuplades rencontrées. Un itinéraire à couper le souffle.

Marie-Clotilde Roose

Lieu de la rencontre :

BIBLIOTHEQUE DE TOURNAI
Maison de la Culture, 2 Boulevard des Frères Rimbaut, 7500 Tournai. (Salle de lecture, 1er étage).

Infos :

Le Cercle de la Rotonde
rue du Touquet 8, B-7522 Blandain.
Tel/fax : 069.23.68.93
Site : www.lecercledelarotonde.be

Rencontres-Rotonde-février-2013

Entrée libre.

Avec l’aide du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Saison 2012-2013

Rencontre du Cercle de la Rotonde, le vendredi 26 octobre 2012 à 18h30, à la Bibliothèque de Tournai (Auditorium)

Lecture musicale par l’écrivain Dominique Sampiero et le contrebassiste Erich Pralat.
Entretien « philosophie et poésie » avec Annie Reniers et Jean-Jacques Wunenburger.
Sur le thème des frontières entre : espaces intérieurs et paysages, langues et images.

Rencontre du Cercle de la Rotonde, le vendredi 30 novembre 2012 à 18h, à la Bibliothèque de Tournai

Thème : « imaginaire et intimité », romans et poésie :

Eric Brucher
Colombe, Ed. Luce Wilquin,
Prix Sander Pierre de l’Académie royale de langue et de littérature françaises (BE)

Michèle Vilet
Dénouer les mots, Les éd. De la Mémoire, 2011
Troisrives, Le Grand Miroir, 2006
Pourquoi ai-je dit oui si vite ?, La Renaissance du Livre, 2004

Isabelle Bielecki
Recueils de poésie : Le labyrinthe de papier, Le Coudrier, 2010
Petite musique pour cent interprètes, Grenier Jane Tony, 2010

Rencontre du Cercle de la Rotonde, le vendredi 30 novembre 2012 à 18h, à la Bibliothèque de Tournai

Rencontre du Cercle de la Rotonde, le vendredi 30 novembre
à la Bibliothèque de Tournai (Auditorium)

‘Finissage’ de l’exposition de Nicole Verheyden (18h)

Entretien avec Isabelle Bielecki, Eric Brucher et Michèle Vilet (18h30)

Sur le thème : le corps et l’intériorité

Animation : Marie-Clotilde Roose

La séance s’ouvrira sur une visite commentée de l’exposition de l’artiste Nicole Verheyden, qui a réalisé avec Annie Reniers le livre Enerzijds/L’autre versant, présenté le 26 octobre au Cercle. Ces œuvres picturales sont le fruit d’un travail photographique et numérique, exposé du 5 au 30 novembre à la Bibliothèque de Tournai. Un entretien suivra à 18h30, avec trois auteurs dont les livres récents favorisent un questionnement pointu sur l’intériorité « parlée » par le corps, souffrant, ruminant, jubilant.

Isabelle BieleckiIsabelle Bielecki, poète, romancière et dramaturge, née en Allemagne de père russe et de mère polonaise, réfugiés de l’O.N.U., est devenue belge en 1963. Traductrice, elle mena sa carrière dans une entreprise japonaise. Son premier roman Les Mots de Russie, (E.M.E., 2005), est salué en 2007 par le prix littéraire des Amis des Bibliothèques de la Ville de Bruxelles, évoquant le destin des déracinés de l’Est après la 2ème Guerre mondiale. Ce déracinement et la nostalgie qui s’ensuivent sont des thèmes qu’explorent ses écrits, parmi lesquels Rêves sous le vent, traduit en néerlandais par H. Bastin, ou Le Labyrinthe de Papier (Ed. Le Coudrier 2010, illustré par Laurence Léonard et Jean-Yves Gerday), qui traite de la mémoire et du témoignage qu’est l’écriture : Parfois un mot téméraire / Surgit tout nu / Par bravade / Mais il tremble quand même / L’insolence lui tient lieu de chaleur. La même année, au Grenier Jane Tony, elle a publié un livre d’un genre nouveau, Petite musique pour cent interprètes ou comment devenir poète, dont chaque ‘stichou’, petit texte humoristique ou réflexif, veut ouvrir le quotidien à la poésie, accompagné de merveilleuses encres de Suzanne Arhex. La passion amoureuse dessine l’autre versant de son écriture, à travers pièces de théâtre et recueils (nouvelles, poésie). Les jalousies d’Aphrodite (Le Coudrier) a été mis en valeur par  Aurélie Bévière, lauréate de “l’écran libre” organisé à Dour par La roulotte théâtrale durant La Fureur de lire 2012, en ce court métrage poétique (3’) : https://vimeo.com/51277976. Isabelle Bielecki collabore avec plusieurs groupes littéraires, a fondé « Les Saintes-Nitouches » (spectacles), et présente des auteurs au Grenier Jane Tony dont elle est secrétaire générale.

Eric BrucherEric Brucher, professeur de français, organise lui aussi, avec Marianne Lambrechts, des rencontres d’auteurs, rassemblés par “Le Goût des lettres” (et les talents culinaires d’un chef), au Centre culturel de la Vallée de la Néthen, et tient une chronique littéraire sur Antipode (radio en Brabant wallon). Son premier roman, Soleil, devant (Luce Wilquin, 2009) conte une odyssée solaire sur les traces d’Ulysse; il a été finaliste du Prix Première de la RTBF 2010 et ‘coup de cœur’ chez plusieurs libraires (Filigranes Bxl, Fnac LLN, Antigone Gembloux). Son nouveau livre, Colombe, paru chez la même formidable éditrice, est l’histoire d’une adolescente éprise d’absolu, une Antigone interrogeant nos propres faims, par le refus de s’alimenter : “L’âme qui ne peut s’envoler est l’unique maladie. Comment fait-on pour que l’âme prenne son essor avec l’empêchement d’un corps ? », se demande Paola, dans un monologue tourmenté. S’opposant aux impératifs d’une consommation dénuée de sens, blessée par la rupture de ses parents, par un lourd secret vécu par sa mère, puis la découverte des horreurs de la Shoah, elle répond : “Je ne veux pas avoir tout. Je veux être totalement, dans le tout.” (p. 23) Ce livre d’une pureté admirable, qui sonde avec une délicatesse rare les douleurs de l’adolescence et de l’anorexie, par une intime compréhension de leurs ressorts, a reçu le Prix Sander Pierron de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique 2012.

Michele ViletMichèle Vilet, Tournaisienne, professeur retraitée, animatrice culturelle, a publié une dizaine de livres et travaillé à la mise en scène de textes, issus notamment d’ateliers d’écriture qu’elle a menés. Poète, nouvelliste, elle s’est essayée avec succès au roman : Pourquoi ai-je dit oui si vite ? (La Renaissance du Livre, 2002), qui a reçu le Prix du Furet du Nord à Lille. Sous la forme d’un double journal de bord, il conjugue les voix d’une Belge et d’un Allemand, essayant de recommencer une vie amoureuse, à l’âge où les contraintes professionnelles et familiales ont (presque) cessé de peser. A partir d’une petite annonce, un amour se tisse lentement, à travers week-ends de promenades, balades entre les deux cultures, tensions et partages, don des corps et des paroles, retraits et silences. Ce récit attachant a ensuite donné place à Troisrives (Le Grand Miroir, 2006), beaucoup plus mince mais non moins dense, même brûlant. L’héroïne, Marie, est une jeune femme blessée qui hérite avec son frère Jérôme de la maison paternelle : « La presqu’île vue de cette hauteur ressemble à la tête puissante d’un immense serpent, d’un dragon glissant sur les eaux et dont notre maison entourée du parc constituerait l’œil unique au milieu du front » (p. 24). Expatriée, elle revient sur les lieux remplis de souvenirs, avec l’envie d’en renouer les fils épars… En 2011, un nouveau roman ouvert aux traces de la mémoire, Dénouer les mots (Ed. Memogrames), relate l’histoire de Gabrielle, sourde muette au destin dessiné par les décisions paternelles et un contexte d’époque, grâce aux recherches de sa nièce Frédérique, des années après sa mort. Par ce récit poignant, la narratrice donne enfin parole à celle qui en fut privée.

Marie-Clotilde Roose

Lieu de la rencontre :

BIBLIOTHEQUE DE TOURNAI
Maison de la Culture, 2 Boulevard des Frères Rimbaut, 7500 Tournai. (Salle de lecture, 1er étage).

Infos :

Le Cercle de la Rotonde, 8 rue du Touquet, B-7522 Blandain.
Tel/fax : 069.23.68.93 rotonde@scarlet.be
Site : www.lecercledelarotonde.be

Entrée libre.

Avec l’aide du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Rencontre du Cercle de la Rotonde, le vendredi 26 octobre 2012 à 18h30, à la Bibliothèque de Tournai (Auditorium)

Lecture musicale* par l’écrivain Dominique Sampiero et le contrebassiste Erich Pralat.
Entretien « philosophie et poésie » avec Annie Reniers et Jean-Jacques Wunenburger.
Sur le thème des frontières entre : espaces intérieurs et paysages, langues et images.
Animation : Marie-Clotilde Roose

Sous le titre « Frontière », l’écrivain français Dominique Sampiero propose un itinéraire poétique inédit, entre corps et paysages, sensations et monde vécu, entre le Je et l’Autre, la littérature et le monde, sous les notes chaudes de la contrebasse d’Erich Pralat (médaille d’or CNR Lille 1993).  Cette lecture fait écho à son Carnet d’un buveur de ciel, paru en 2007 aux Editions Lettres vives, où il a publié une dizaine de recueils, jusqu’au récent Bégaiement de l’impossible et de l’impensable (2012).  Né et vivant dans le Nord, Dominique Sampiero explore « notre rapport lyrique et tragique au monde qui nous entoure », sous tous les modes de l’écriture : poésie, roman, théâtre, cinéma.  De nombreux prix ont salué ses œuvres, dont celui du roman populiste pour Le rebutant (Gallimard, 2003).  Parmi ses courts et longs métrages : Ça commence aujourd’hui, réalisé par Bertrand Tavernier en 1997, Ours d’or à Berlin.  Il a également publié un essai, L’espace du poème, s’y entretenant avec Bernard Noël (P.O.L., 1998).

Annie ReniersAnnie Reniers, poète belge née à Bruxelles, écrit tantôt en néerlandais, tantôt en français, selon ce qu’images, idées et sensations lui inspirent, traduites spontanément en telles ou telles sonorités. Elle fut aussi, de 1971 à 2004, professeur d’esthétique et d’histoire de l’art contemporain à la V.U.B., auteure d’une thèse de philosophie (sur l’image comme signe).  Elle a publié, outre de nombreuses contributions professionnelles, une trentaine de recueils dont le dernier, Enerzijds/L’autre versant (P, Leuven, 2009), propose un dialogue (et non une traduction) de poèmes dans les deux langues, alternant avec les photographies et recherches picturales de l’artiste Nicole Verheyden.  De leur rencontre à la lisière d’un bois, naquit ce livre qui traduit l’idée même de promenade, sensuelle et heureuse, méditative : « La manducation de l’air / au goût de pivoine / mélange l’iris et le genêt / dans sa trame sonore / où l’indistinct prolonge / sa course sur les lèvres »  L’abandon, la perte y sont évoqués sans crainte, dans la verticalité du destin humain.

Jean-Jacques WunenburgerJean-Jacques Wunenburger, professeur de philosophie** à Lyon 3 (Fac. Jean Moulin), vient de faire paraître chez Mimesis France un livre d’hommage Gaston Bachelard. Poétique des images, à l’occasion des 50 ans de disparition de ce maître à penser, tant pour les débats portant sur la rationalité scientifique que sur l’imagination créatrice.  Spécialiste de ces questions, Jean-Jacques Wunenburger y montre à quel point l’imaginaire est appréhendé par Bachelard comme vivier non seulement d’images fécondes pour les arts, mais pour les sciences, épurées par la dialectique rationnelle pour mener aux concepts.  « Bachelard se veut ainsi le fidèle témoin des rythmes de l’esprit humain qui, à travers des expériences antagonistes, se laisse porter par un même désir de créativité incessante, qui nous conduit à accroître notre puissance d’être et donc notre joie d’exister », amenant le lecteur à rapprocher l’esthétique des voies éthiques.  Puiser à la source des images est ainsi, en anima ou en animus, un stimulant exponentiel pour le vivre ensemble.

Marie-Clotilde Roose

Lieu de la rencontre :
BIBLIOTHEQUE DE TOURNAI
Maison de la Culture, 2 Boulevard des Frères Rimbaut, 7500 Tournai.

Infos : Le Cercle de la Rotonde, 8 rue du Touquet, B-7522 Blandain.
Tel : +32 69.23.68.93
Site : www.lecercledelarotonde.be

Télécharger le flyer-oct-2012-le-cercle-de-la-rotonde

Télécharger Séminaire de recherche PapdA

Entrée libre.


* Lecture de 18h45 à 19h30, suivie par l’entretien de 19h30 à 20h30.
** Invité au séminaire PapdA (Penser à partir de l’Architecture) de la Faculté UCL LOCI à Tournai, sur le thème « Poétique », ce vendredi 26 octobre de 13h à 17h.
Infos : www.ucl.be (LOCI site Tournai)

Rencontre du Cercle de la Rotonde, le vendredi 8 juin 2012 à 19h, à la Bibliothèque de Tournai (Auditorium, rez-de-chaussée)

Entretiens et lectures avec un éditeur et trois auteurs
autour du thème « littérature et société »

Animation : Marie-Clotilde Roose

La littérature, loin d’être un simple divertissement, apporte souvent un éclairage lucide sur des faits de société, et ce faisant, sur la nature humaine.  La fiction rend-elle plus supportable la violence intrinsèque des rapports humains ?  Parfois, la réalité rejoint ou dépasse la fiction, et l’invraisemblable devient vrai.  Trois auteurs et un éditeur en témoignent.

Antenne de l’Asbl Mode Est-Ouest, publiant des traductions d’œuvres littéraires bosniennes, croates et serbes, les éditions M.E.O. (Monde-Edition-Ouverture) ont vu leurs activités déborder ce cadre.  Devenues autonomes, elles poursuivent leurs propres objectifs éditoriaux. Leur catalogue s’étend aujourd’hui à des écrivains francophones et d’autres champs linguistiques. Gérard Adam, écrivain, éditeur belge, accompagnera de ses commentaires deux de ses auteurs.

Marie Niyonteze y a publié en 2011 l’émouvant Retour à Muganza. Récit d’un avant-génocide ; récit de la tragédie rwandaise vue par une rescapée tutsie du génocide, revenant sur les lieux du massacre de sa famille, pour donner aux siens une sépulture et restaurer leur dignité.  « J’ai dû m’assoupir, me réveille en sursaut, avec la pensée qu’ils m’attendent, là-bas, sous la terre, (…)  Je me dis que j’aurais dû me trouver parmi eux quand les voisins ont surgi, machette brandie.  Si la mort n’a pas voulu de moi en 1994, c’est que, en 1990, j’ai failli compter au nombre des premières victimes de ce qu’on n’appelait pas encore génocide. » (p. 38)  Retraçant tous les faits (sans pathos ni haine, avec calme et douleur) et les analysant, elle montre que celui-ci a été préparé bien avant le cataclysme, non seulement par les divisions arbitraires introduites par les colons belges et français, mais par des élites rwandaises se laissant corrompre.  La rancoeur et la frustration ont attisé le feu brûlant du crime, les mensonges et la propagande l’ont répandu comme une traînée de poudre.  Le récit haletant de Marie Niyonteze ne cède pas au voyeurisme (par une pudeur volontaire) mais n’omet pas de souligner la brutalité aveugle se déchaînant contre tous ceux qui n’acceptèrent pas de se plier aux « Dix commandements du Hutu » – y compris des Hutus modérés.  « Il est inconfortable de rester otage du passé », explique-t-elle, « mais vivre avec son bourreau est contre la nature humaine » ; elle a écrit ce livre pour lutter contre l’oubli et l’indifférence, et vivre en leur mémoire.

 Bozidar Frédéric, né sur une île croate, vient de sortir son premier roman chez M.E.O., Ciel Seraing, s’inspirant de sa jeunesse en cette ville, avant de devenir officier de marine (puis relations publiques et formateur en langue française).  Thriller policier sur fond de lutte sociale, il met en scène un commissaire proche de la retraite, chargé d’une dernière enquête sur les meurtres de deux syndicalistes, par des shakens, (armes japonaises des ninjas), à la veille de la fermeture des hauts-fourneaux « à chaud » de Cockerill, devenu Acielor-Mehttal.  Le suspense fonctionne admirablement, le rythme soutenu permet des rebondissements qui, en s’accélérant, permettent d’apprendre au passage pas mal de choses sur les sociétés évoquées (Japon, Inde, Brésil…) et les mœurs de mafias liées à la haute finance…  L’auteur

parvient à enchaîner des dialogues familiers, parfois cocasses, parfois touchants, à des scènes d’action redoutables, laissant supposer des machinations machiavéliques, à l’œuvre dans ces « restructurations » pesant de tout leur poids de désespoir sur les travailleurs, victimes de la « mondialisation » et de mauvaise gestion d’entreprise – quand le pouvoir du Capital l’emporte sur la vie des hommes, provoquant leur colère : « Leurs successeurs porteront des gants blancs, champions des microtechnologies, de la nanotech.  Forcer l’avenir !  La Wallonie qui gagne !  Beaux slogans, mais pour eux, pour ceux de leurs gosses qui ne sont pas des surdoués, c’est l’agonie ! » (p. 93)

Elise Bussière, diplômée de philosophie, a publié son premier roman Je travaille à Paris et dors à Bruxelles aux éditions Mols en 2011.  Elle brosse un portrait caustique et inquiétant de sociétés internationales de conseil et d’audit, prises dans une lutte sans merci, dans un contexte de guerre économique et de crise politique, où la destruction du World Trade Center n’est pas qu’un épiphénomène.  Justine, l’héroïne parachutée un peu par hasard dans l’une d’elles, y travaille comme consultante et observe ses collègues en entomologiste non dénuée d’ironie.  « Ces journées sont l’occasion d’un défilé de managers, triés sur le volet : le jeune décontracté, le beau mâle affublé d’une cyphose à force de s’être trop penché sur son ordinateur, le jamais-associé, l’asexuée – unique représentante de la gent féminine, peut-être une question de quota.  Dévouée corps et âme à l’entreprise, elle est dépourvue tant de vie familiale que de vie sexuelle. » (p. 20)  Se fiant à son « bon sens » et sa curiosité, Justine apprend vite ce « métier » tissé de contradictions, et malgré les résistances ressenties, se laisse entraîner, au prix d’un travail acharné, dans ce monde de luxe et de vitesse, de calculs et de profit.  Les restructurations cruelles, les réticences de son compagnon, l’épuisement progressif – malgré des pauses aussi intenses que rares – l’amèneront à un retour sur soi salutaire : « En fait, je ne sais plus ce dont j’ai envie.  Je me sens étrangement enfermée dans une errance du désir.  Est-ce un désir d’ailleurs qui se dessine alors que je me vide ? » (p. 234)  De cette errance, on retient surtout le tracé tonique d’un nouvel écrivain, observateur lucide et perplexe à la fois.  La bourse ‘Découverte’ vient de lui être octroyée par la Communauté française ; ce n’est pas un hasard.

Marie-Clotilde Roose

NOTA BENE

La rencontre est prévue cette fois-ci à 19h, afin de permettre à tous de participer au double vernissage qu’organise la Maison de la Culture de Tournai à 18h :

Alain Breyer et son Tour de France : exposition de ses photos et sortie d’une plaquette d’incises littéraires par des auteurs d’Unimuse, groupe du Hainaut ;

Marc Giai-Miniet, Pour les nuages, passer par l’escalier : Peintures, boîtes et constructions.

Renseignements : www.maisonculturetournai.com

Lieu de la rencontre : Maison de la Culture, 2 Boulevard des Frères Rimbaut, 7500 Tournai.

Infos :

Le Cercle de la Rotonde, 8 rue du Touquet, B-7522 Blandain.

Tel/fax : 069.23.68.93  rotonde@scarlet.be

Site : www.lecercledelarotonde.be

Entrée libre.

 Avec l’aide du Ministère de la Communauté française de Belgique.

Vendredi 8 juin 2012 – Thème « littérature et société »

Deux auteurs publiés par les éditions M.E.O en présence de leur éditeur, l’écrivain Gérard Adam, pour une rencontre sur le thème « littérature et société » :

Frédéric Bozidar                    Ciel Seraing

Marie Niyonteze                    Retour à Muganza. Récit d’un avant-génocide

Ainsi que :

Elise Bussière             Je travaille à Paris et dors à Bruxelles, Ed. Mols

Soirée à 19h, précédée d’un vernissage à La Maison de la Culture