Rencontre du Cercle de la Rotonde, le vendredi 29 mai 2015 à 18h à la Bibliothèque de Tournai (Auditorium, rez-de-chaussée)

Projection de film (72’), entretiens et lectures avec trois auteurs :

 Martin Buysse, Daniel Soil et André Versaille

 autour du thème « conflits et résolutions »

 Verre de l’amitié offert par la bibliothèque

 Animation : Marie-Clotilde Roose

La violence, qui laisse trop souvent indifférents ceux qui ne la subissent pas, modifie profondément la vie et les réactions des victimes, sur plusieurs générations.  Deux romans récents abordent le conflit israëlo-palestinien ; un documentaire rappelle les suites du génocide rwandais.  De « la logique du sang » à celle de l’empathie, il y a place pour le geste, la parole, l’encre et… la complexité du dialogue.

André VersailleAndré Versaille, fondateur des Ed. Complexe (1971-2007) puis des éditions qui portent son nom, est aussi le scribe des Entretiens croisés avec Boutros Boutros-Ghali et Shimon Peres, relatant 60 ans de conflit israélo-arabe. Témoignage pour l’Histoire (2006).  Cet humaniste érudit, écrivain sur papier et sur blog, vient de recevoir, du FIPA, le Prix du Public ainsi que le prix Télérama pour son documentaire “Rwanda, la vie après – paroles de mères” réalisé avec Benoît Dervaux.  Un extrait du film est disponible sur le site www.andreversaille.be, ainsi que les dialogues de l’écrivain avec Boutros-Ghali et Peres, accessibles au grand public, gratuitement.  Face au durcissement des positions, trouvant leurs racines dans le génocide ou la brutalité extrême, comment envisager l’avenir ?  André Versaille montre que la douleur, si elle est passée « sous l’asphalte » pour ne lisser que l’économie renaissante, camoufle des « nids de poule » prêts à éclater…  Par la parole plutôt que l’écriture, il a permis à quelques femmes courageuses, victimes des viols de guerre, de raconter comment elles purent renouer avec les enfants nés de ces crimes, pour leur ouvrir un futur.  Le film, dédié à Godelieve Mukasarasi a été réalisé en collaboration avec Justine Benimana, Boubacar Diop, Béatrice Mukalindwa, Jean Mukimbiri, Joëlle Yana et Marie Niyonteze (cf. Rotonde 08.06.12).

Martin BuysseMartin Buysse, Docteur en physique et professeur de mathématiques, a publié son premier roman, La logique du sang, aux éditions Zellige en 2013, en le plaçant sous la haute tension de Gaza, vécue par un Bruxellois.  Thriller psychologique plutôt que politique – même si l’évocation de ce conflit interminable ouvre directement le ton – il dessine l’évolution mentale d’un homme ordinaire, plongé dans la spirale de la vengeance, après avoir perdu sa fillette, Farah, dans un attentat dirigé par Israël.  « Je suis rentré chez moi le cœur gonflé d’un mélange de haine et d’espoir », écrit François, entraîné malgré lui, depuis sa relation avec Sana la Palestinienne, dans un conflit qui l’avait laissé jusqu’alors indifférent.  Le mérite de ce roman nerveux et sec, au suspense superbement tenu, tient à ce qu’il (dé)montre, sans pathos ni explication, le mécanisme assez sommaire de la psychologie humaine : des réactions de réplique à la violence, laissant le lecteur se poser des questions essentielles : jusqu’où cette ivresse du Talion, à quel point de non-retour ?

Daniel SoilA mi-chemin entre la riposte et l’empathie, le roman En tout ! de Daniel Soil, édité chez M.E.O., montre des personnages que tout oppose, tissant des liens grâce au dynamisme inventif d’un jeune enseignant, Jean, dans une école et des quartiers cosmopolites de Bruxelles.  Initié par la fougueuse Anne, à la sensualité et à la musique autant qu’aux combats de l’Hashomer Hatzaïr, il découvre ce groupe se battant pour ses droits à une patrie et à une culture juives, tout en se confrontant aux réalités vécues par des réfugiés palestiniens et des immigrés en Belgique, à travers ses élèves, puis grâce à des voyages « sur place ».  Les points de vue inconciliables se nouent parfois en actions audacieuses, unissant autour du parti ouvrier et du socialisme, ces jeunes en attente de liberté et de justice.  Le militantisme radical, signe de blessures non guéries ou d’un idéalisme aveugle, n’ouvre pourtant que la voie sans issue de la rupture ; Jean se rapprochera du pragmatisme heureux d’Elvire, à la recherche d’un « entre-deux » pacifiant.  Daniel Soil, diplomate à Tunis, romancier, qui fut enseignant puis responsable d’associations de jeunesse, a puisé dans ses expériences sociales et politiques, des dialogues vifs et convaincants, sur une trame maîtrisée avec brio.

Voir aussi 8 juin 2012 et 25 avril 2014

Marie-Clotilde Roose

Lieu de la rencontre :
Maison de la Culture, 2 Boulevard des Frères Rimbaut, 7500 Tournai.

ATTENTION :
La projection (72’) commencera à 18h, suivie du verre de l’amitié, puis des entretiens.

Infos et Réservation souhaitée :
Le Cercle de la Rotonde, 8 rue du Touquet, B-7522 Blandain.
Tel/fax : 069.23.68.93  rotonde@scarlet.be

Site : www.lecercledelarotonde.be

Entrée libre.

Avec l’aide du Ministère de la Communauté française de Belgique.

Rencontre du Cercle de la Rotonde, le vendredi 14 novembre 2014 à 18h à la Bibliothèque de Tournai (Auditorium)

Entretiens avec Gérard Adam, Françoise Houdart, Jean Jauniaux

Animation : Marie-Clotilde Roose

Une rencontre très attendue : trois écrivains posent des questions-phares, d’éthique sociale et politique, sans visière ni langue de bois.

par Anita De Meyer

Photo par Anita De Meyer

Gérard Adam, médecin militaire belge engagé en Afrique et en Bosnie, en coopération ou opérations de crise (Kolwezi, Bosnie…), tropicaliste et acupuncteur, a profité de sa retraite pour engager un nouveau combat : l’édition et la promotion de l’écriture. Co-fondateur en 2007 des éditions M.E.O. dont il est responsable depuis 2010, il a traduit et édité des dizaines d’auteurs de l’Est, avant d’ouvrir sa maison aux auteurs de langue française – dont quelques-uns furent invités au Cercle. Depuis 1988, il a lui-même publié une quinzaine d’ouvrages, parmi lesquels des romans remarqués (L’arbre blanc dans la forêt noire, La Longue-vue et Arcantère, prix N.C.R. 1989 ; La lumière de l’Archange, Luce Wilquin, finaliste Prix Rossel 1992, Qôta-Nîh, M.E.O., finaliste Prix Gros Sel 2009,…) ainsi que plusieurs recueils de nouvelles, depuis Le Mess des Officiers (La Longue-vue, 1991) jusqu’à De l’existence de dieu(x) dans le tram 56 (M.E.O, 2013), salué par le Prix Emma Martin. « Le titre n’est pas sans révéler le contenu philosophique des scènes populaires (empruntées à la vie quotidienne) que Gérard Adam détaille avec une faconde incomparable », déclarait Michel Joiret à la rentrée de l’A.E.B. ; « le fondement multiculturel, inhérent à Bruxelles, y est malicieusement et plus que vivement approché » (Nos Lettres déc. 2013). Dans une langue truculente, inventive et bigarrée, G. Adam pratique une écriture de proximité, par échos de « la vraie vie », avec un vocabulaire glané dans les transports en commun, propices à l’observation et au clin d’œil, tantôt amusé tantôt critique sur ce qui se passe (près de) chez nous…

Françoise HoudartFrançoise Houdart, née en Hainaut, interprète et traductrice de langues germaniques, fut professeur d’allemand à Mons, tout en se consacrant de plus en plus à son œuvre et à la promotion de la lecture. Auteure de 8 recueils poétiques (parmi lesquels Arythmies, Alliance française, prix Gauchez Philippot 1989), elle est avant tout une romancière inspirée par des figures significatives, comme dans les récits Née Pélagie D. (Prix de Thyssebaert 1997), Tu signais Ernst K. (Prix du comité des usagers de la Bibliothèque centrale de la Province de Hainaut 2006), Oublier Emma (finaliste Prix Rossel 2009), ainsi que ses derniers romans parus chez Luce Wilquin, Victoria Libourne (2014) et Les profonds chemins (2013). Celui-ci, consacré au peintre borain Victor Regnart (1886- 9 nov.1964), a nécessité – comme de coutume – des recherches approfondies à partir d’archives, lettres et tableaux. Avec ceci de particulier qu’elle insère au cœur de la « biographie » romancée des éléments réels et d’autres purement imaginaires, en prêtant la voix à des « témoins » disparus de l’époque et des lieux fréquentés par le peintre. Echos troublants où ces témoins interpellent la biographe, comme le peintre Detry : « lorsque j’ai vu ce dessin, Madame, j’ai immédiatement reconnu le jeune écrivain Raymond Radiguet ». Et l’auteure, multipliant les prouesses d’identification, fait parler Regnart en ces termes : « peindre jusqu’à en oublier de dormir, de manger ; peindre sans aucune certitude que l’urgence jamais assouvie de peindre, graver, dessiner. » Un peintre dont elle brosse un portrait généreux, spirituel, tout entier dévoué aux paysages humains, d’ici et d’ailleurs.

Photo par Jean-Paul Sterck

Photo par Jean-Paul Sterck

Comme chez ces auteurs, l’empathie envers les humbles, les délaissés ou perdus, est motrice de l’écriture de Jean Jauniaux, qui dépeint dans les 15 nouvelles de L’année dernière à Saint-Idesbald (Ed. Avant-Propos) la vie de personnages marqués par des défaites, des relations de domination, des chutes progressives dans un monde sans pitié. La Belgique en prend plein la figure, mais plutôt sur le mode tragi-comique, sans irrévérence caustique. Une attention touchante est donnée à l’enfance des personnages, dont le vécu marque de manière indélébile leur vie d’adulte. Chacun livre un visage que l’on croit reconnaître : ici ce marginal, là cet enfant, ce roi décontenancé et ses ministres affairés… et surtout l’univers privilégié de Saint-Idesbald, l’espace marin ravivant le désir de vivre. En son avant-dire si pertinent, Jacques De Decker écrit : « On a pu mettre en doute la littérature à messages. Elle est en réalité plus nécessaire aujourd’hui que jamais. Lorsque les grands systèmes de référence ont déclaré fortait, il reste l’imaginaire, ce tapis volant, pour prendre de l’altitude et libérer l’esprit. L’année dernière à Saint-Idesbald a ce pouvoir d’entraînement. » Ce livre a obtenu le Prix Auguste Michot de l’Académie Royale 2014. L’auteur n’en était pas à un coup d’essai ; ses nouvelles (dont Le Pavillon des douanes) et un roman (Les mots de Maud), publiés chez Luce Wilquin, lui avaient déjà valu la reconnaissance du public. Traducteur et interprète (russe et espagnol), Jean Jauniaux a aussi obtenu une licence en réalisation audio-visuelle, et a professé comme réalisateur à la RTBF. Responsable de programmes européens de soutien à la culture, il a exercé ses talents de journaliste et d’animateur littéraire, de chroniqueur culturel pour « Marginales » et « Espace-Livres ». La web-radio www.espace-livres.be créée avec son alter ego Edmond Morrel permet de découvrir plus de 800 interviews d’écrivains belges…24h sur 24h!

Marie-Clotilde Roose

Lieu de la rencontre :

BIBLIOTHEQUE DE TOURNAI

Maison de la Culture, 2 Boulevard des Frères Rimbaut, 7500 Tournai.

Infos :

Le Cercle de la Rotonde, 8 rue du Touquet, B-7522 Blandain.

Tel/fax : 069.23.68.93

Email : rotonde@scarlet.be

Site : www.lecercledelarotonde.be

Entrée libre.

Rotonde 14.11.14 012 Rotonde 14.11.14 005 Rotonde 14.11.14 004

 

Avec l’aide du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Rencontre du Cercle de la Rotonde, le vendredi 19 septembre 2014 à 18h à la Bibliothèque de Tournai (Auditorium)

Entretiens avec Danielle Gerard, Jacques Mercier, Michel Voiturier (18h)

Animation : Marie-Clotilde Roose

Alors que tonnent les explosions d’obus, que la violence quotidienne éclabousse les écrans, des écrivains et leurs éditeurs continuent à proclamer la puissance de l’intime et de l’humain, traduisant la saveur de vivre et d’aimer. Cette saveur ne saurait exister sans le plaisir et la liberté, maîtres-mots de la maison d’éditions Les déjeuners sur l’herbe, créée en 2005 sous forme d’asbl en Wallonie Picarde, par François VanDorpe et Pascale Loiseau. Ceux-ci décident de publier des auteurs nouveaux ou connus en les associant parfois à des œuvres d’artistes, dans un libre dialogue, où la sensibilité domine. Leur site www.lesdejeunerssurlherbe.com évoque chacune de ces rencontres pour leurs livrets de poèmes ou nouvelles, théâtre ou roman, à tirage limité. Les éditeurs s’entretiendront avec trois écrivains, pour raconter cet itinéraire d’émotions, de mots et d’images.

Danielle Gerard

Danielle Gerard, née à Uccle, vit au Pays des Collines, en Wallonie, où elle aime trouver l’inspiration au cours de randonnées. Elle est l’auteure de 8 recueils publiés depuis 1994, couronnés par Baisers, édité récemment aux Déjeuners sur l’Herbe. Ces poèmes s’ouvrent sur des souvenirs chauds et denses, tels des « milliers d’insectes / bourdonnant / autour d’un caillou lisse / comme une prière sans fin » ; ils explorent les passions vécues, les font revivre, puis annoncent leur déclin et la méditation qui s’ensuit, lorsqu’amour et mort se chamaillent. « L’eau de l’étang remue ses vases, / ses algues brunes, / ses nénuphars en fleurs, / baisers criant au réveil / les insuffisances du boire, du jouir, la précarité du bonheur ». Mais si le poète inscrit « ses quilles tombées, / ses statues décapitées, les mains coupées » c’est avec l’envie de toujours retrouver « la flamme enfantée ». La violence que la poésie véhicule, loin d’être destructrice, ravive et dé-livre des énergies souveraines.

 

Jacques Mercier

Jacques Mercier, homme de media célèbre pour ses émissions à succès à la radio et télévision belges francophones (Dimanche-Musique, Le jeu des dictionnaires, Forts en tête,…) est aussi l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages : romans, essais, beaux-livres, recueils de nouvelles, contes et poèmes. C’est en poésie sans doute qu’il se livre le plus, ce que les titres L’Envers du monde et Proche des larmes laissent deviner. Dans ce dernier, l’écrivain rythme en tempos nuancés la musique de la vie : l’enfance, l’amour, la fragilité, la mort, l’avenir. Ces quelques vers en disent long sur l’intensité qui l’habite : « A l’instant précis / où ton corps s’abandonne / le voile du temple se déchire / le sang dans les yeux / comme un vitrail / et les serres d’un oiseau / mêlées pourtant de grâce / pour hurler la vie ». Juste après notre entretien, Jacques Mercier, qui a réalisé plusieurs spectacles mêlant textes et musiques, se produira sur la Grand-Place de Tournai dans La Boîte de Jazz : http://www.070.be/boitedejazz/la-boite/concept/

 

Michel Voiturier

En commençant la lecture, dans Escaut de-ci de l’eau, des 15 nouvelles de Michel Voiturier, écrivain critique d’art (http://flux-news.be), critique dramatique ( www.ruedutheatre.eu )  et chroniqueur culturel hennuyer, on ne sait jamais sur quel bateau il va nous emmener…car ces récits, par vagues successives, prennent tantôt l’aspect de conte drôle ou fantastique, tantôt de description caustique d’un quotidien cruel, sans se départir de touches fantaisistes ou émouvantes dont l’auteur a le secret. Son imagination veille à débusquer les paresses de l’esprit, à stimuler ses lecteurs, comme dans le savoureux « Plumitif » qui reflète une acculturation ambiante… Sous couvert de taquiner l’absurde, ses nouvelles préservent une certaine éthique, celle d’un esprit lucide et observateur, aimant l’humanité jusqu’à lui montrer, dans la satire, ses indéracinables faiblesses – qui aime bien châtie bien ? Ces nouvelles, qu’Alfred Jarry ne renierait pas, comportent des pépites de foi en la vie, par delà toute dérision affichée – et même de tendresse.

Affiche : Rotonde 19 septembre 2014

Marie-Clotilde Roose

Lieu de la rencontre :

BIBLIOTHEQUE DE TOURNAI

Maison de la Culture, 2 Boulevard des Frères Rimbaut, 7500 Tournai.

Infos :

Le Cercle de la Rotonde, 8 rue du Touquet, B-7522 Blandain.

Tel/fax : 069.23.68.93 rotonde@scarlet.be

Site : www.lecercledelarotonde.be

Entrée libre.

Photos de la Soirée :

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Avec l’aide du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles